Incendies en Grèce : le manque de moyens des secours pointé du doigt

Les critiques se multiplient sur le manque de moyens des secours alors que le pays connaît depuis trois jours une série d'incendies inédite depuis 2007.

La cité balnéaire de Mati, sur la côte est d\'Athènes, \"n\'existe plus\" selon un des officiels grecs.
La cité balnéaire de Mati, sur la côte est d'Athènes, "n'existe plus" selon un des officiels grecs. (BENJAMIN CHAUVIN / FRANCEINFO)

Le Premier ministre grec a décrété trois jours de deuil national alors qu'au moins 79 personnes sont mortes dans des incendies. Les secours s'activent dans les stations balnéaires de Mati et de Rafina, à la recherche de personnes bloquées dans des maison ou des voitures carbonisées. Mais plus on avance dans le quadrillage des régions sinistrées, plus le bilan des morts augmente et une vérité s'impose : les leçons des terribles incendies de 2007 n'ont pas été retenues par les autorités grecques.

Pour un pays qui connaît des incendies meurtriers récurrents, l'austérité imposée n'a pas arrangé les choses : le budget des pompiers est passé de 452 à 354 millions d'euros entre 2009 et 2018.

Aucun plan d'évacuation des régions menacées

D'un point de vue législatif il n'y a toujours pas d'obligation à débroussailler ou à élaguer les arbres, à s'assurer contre les incendies. Lorsque le feu éclate, les gens prennent des risques pour sauver leur maison et parfois le payent de leur vie. 

Du point de vue de la protection civile, il n'existe aucun plan d'évacuation des régions menacées. En 2007, il avait été dit que l'une des premières choses à faire était justement de mettre ces plans sur pied. Rien n'a été fait. La forêt et les pinèdes ne sont pas entretenues pour des questions d'argent. Il n'y a pas de chemin dégagé, pas de réserve d'eau à disposition. La biomasse est là pour les flammes alors que souvent les pompes à incendie sont vétustes.

Les leçons des incendies de 2007 toujours pas tirées

Les gouvernements grecs de ces vingt dernières années ont donné la priorité à la lutte anti-incendie via les airs - ce qui nécessite peu de vent, cas rarissime quand le feu fait rage - et pas à la prévention pensée, réfléchie, en fonction des données sur le terrain. Le prix à payer pour la population est énorme. Le pire, selon bon nombre de commentaires sur les réseaux sociaux et la presse locale, est que les leçons des incendies de 2018 ne seront probablement pas plus tirées que celles de 2007.