"Je n'ai pas pu sauver tout le monde, je m'en veux énormément !", témoigne Fabrice, un policier résident de l'immeuble incendié à Paris

Fabrice habite au 3e étage de l'immeuble qui a été ravagé par les flammes, dans la nuit de lundi à mardi, rue Erlanger dans le 16e arrondissement de Paris.

L\'incendie a eu lieu, rue Erlanger dans le 16e arrondissement à Paris, dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 février 2019.
L'incendie a eu lieu, rue Erlanger dans le 16e arrondissement à Paris, dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 février 2019. (BENOÎT MOSER / BSPP)

Fabrice est policier. Il habite au troisième étage de l'immeuble incendié à Paris, dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 février, qui a fait au moins dix morts et une trentaine de blessés. Sous le choc, il s'est confié au reporter de franceinfo devant la mairie du 16e arrondissement, où une cellule psychologique a été mise en place.

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Il se dit "en colère contre lui-même", faute d'avoir pu "sauver tout le monde". "Je m'en veux énormément, parce que quand vous les connaissez, ce n'est pas pareil", explique-t-il, la voix brisée par l'émotion. "J'ai vu des gens mourir et je suis en colère, en colère contre moi, poursuit Fabrice. Je n'ai rien pu faire d'autre. Et après il y avait des travaux, du plastique au sol, donc forcément c'est parti au niveau de l'ascenseur et ça a gagné la cage de l'escalier. Du coup la fumée arrivait de l'autre côté, on était pris en sandwich, il fallait faire vite."

J'ai tapé à la fenêtre, aux portes, j'ai sonné partout, et j'ai fait en sorte que tout le monde puisse sortir rapidement parce qu'il y avait trop de fumée, au troisième étage.Fabriceà franceinfo

Face à ce genre de situation, "vous êtes impuissant", soupire Fabrice, extrêmement ému : "J'ai sauvé le maximum de gens. Je n'ai pas eu le temps de penser à moi, je me suis habillé comme un fou. Je n'ai pas calculé, j'ai vu des flammes, j'ai vu la fumée. Je suis sorti, j'ai fait ce que j'ai pu, j'ai sonné partout, au troisième étage en priorité parce que c'est mon étage. C'est des gens que je connais, donc il fallait que je les sauve à tout prix, c'était urgent."

"J'ai fait ce que j'ai pu"

Une fois l'alerte donnée au troisième étage, Fabrice a continué à alerter ses voisins dans les étages inférieurs. "Je suis allé au second étage, et au premier. Après je suis remonté, jusqu'au quatrième, mais je ne pouvais pas aller plus haut, parce qu'il y avait trop de fumée, je ne pouvais pas. Après, je me suis mis à terre, j'ai inhalé un peu de fumée, mais après je me suis mis de l'eau", détaille le policier.

"Je suis un policier, mais je m'en veux. C'est mon métier aussi de sauver les gens, je suis là pour ça aussi. Moi, ce n'est pas grave, si j'étais parti, ce n'est pas grave. Ce sont les gens qui m'intéressaient. J'ai fait ce que j'ai pu..."