"Le plus dangereux, c'est un risque de fuite donc d'incendie ou d'explosion" : visite dans une usine classée "Seveso seuil haut"

Quinze jours après la catastrophe de Lubrizol, franceinfo éclaire la question des sites Seveso. Reportage en zone "Atex", pour "atmosphère explosive", dans une usine Seveso seuil haut, à Dunkerque.

Laboratoire pharmaceutique Minakem (site SEVESO) à Dunkerque.
Laboratoire pharmaceutique Minakem (site SEVESO) à Dunkerque. (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)

L’usine Minakem de Dunkerque (Nord) est l'un des 1 300 sites classés Seveso en France. Une usine chimique où l'on fabrique des substances actives pour les médicaments. Un site classé "Seveso seuil haut". Ici on ne plaisante pas avec la sécurité. Un grand panneau à l'entrée du site le rappelle : "Nombre actuel de jours sans accident : 103. Record : 1 515". Au total, 230 personnes travaillent ici en zone "Atex" pour "atmosphère explosive".

>> CARTE. Habitez-vous près de l'un des 1 312 sites Seveso en France ?

Chaussures de sécurité aux pieds, casque de chantier et lunettes de protection sur la tête : le passage aux vestiaires est obligatoire pour limiter les risques car il y en a plusieurs selon le directeur de l'usine Laurent Leclercq : "Le plus dangereux sur le site, c'est un risque de fuite donc d'incendie, ou de fuite et d'explosion. Ces risques sont liés à la réaction chimique qu'on va faire ou à la nature des solvants, des matières que l'on va mettre en jeu car ce sont parfois des liquides inflammables." 

Des bâtiments sous haute sécurité et des équipes entraînées

Les bâtiments sont tous équipés de capteurs, de détecteurs de fuite, de flammes ou de surchauffe. Deux réservoirs d'eau sont également branchés à toutes les pièces et en cas d'alerte, chacun sait ce qu'il doit faire raconte Sonia Rimbert, la responsable de la sécurité : "On a eu un petit départ de feu au mois de juillet mais il a été maîtrisé par nos équipes avant l'arrivée des secours sur le site. Ça veut dire que tout le monde a fait ce qu'il fallait faire au bon moment."

Minakem consacre 20% de ses investissements à la sécurité, 300 000 euros cette année, sans compter les préconisations qui seront prises plus tard par les autorités après l'incendie de l'usine Lubrizol, à Rouen. 

Le reportage de Guillaume Gaven
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