Deux ans après l'incendie mortel de Gabian dans l'Hérault, 12 pompiers seront entendus sous le régime de la garde à vue

Les gendarmes de la section de recherche de Montpellier souhaitent déterminer s'il y a eu des dysfonctionnements matériels, et surtout humains, dans les prises de décision et dans les transmissions d'ordre par radio, le 10 août 2016.

Un pompier lors de l\'incendie de Gabian dans l\'Hérault, le 10 août 2016.
Un pompier lors de l'incendie de Gabian dans l'Hérault, le 10 août 2016. (MAXPPP)

Deux après l'incendie de Gabian (Hérault) au cours duquel un jeune sapeur-pompier est mort et trois autres de ses collègues ont été grièvement brûlés, douze pompiers ont été convoqués par les gendarmes de la section de recherche de Montpellier. Ces personnes qui font partie, à des degrés divers, de la chaîne de commandement du Sdis 34 qui a géré le feu de Gabian vont être entendues sous le régime de la garde à vue, rapporte France Bleu Hérault, mardi 12 juin.

Il s'agit de déterminer s'il y a eu des dysfonctionnements matériels, et surtout humains, dans les prises de décision et dans les transmissions d'ordre par radio, le 10 août 2016. Ces pompiers s’étaient retrouvés piégés dans leur camion, au cœur de l'incendie. Ce sont les premières gardes à vue depuis l'ouverture d'une enquête, par le parquet de Béziers, pour "homicide et blessures involontaires" après une plainte contre X déposée par les familles des victimes.

Trois enquêtes distinctes

Trois enquêtes distinctes avaient été ouvertes après cet incendie aux conséquences dramatiques. En plus de celle diligentée par le parquet de Béziers, le CHSCT du Sdis 34 et la sécurité civile du ministère de l’Intérieur ont également mené leurs propres investigations.

L'enquête du CHSCT du centre départemental d'incendie et de secours de l'Hérault avait dévoilé l'an dernier des dysfonctionnements importants du matériel : l'arrosage extérieur du camion qui permet de faire baisser la température à l'intérieur du véhicule s'était par exemple arrêté. Pire encore, les quatre pompiers s'étaient exposés au feu en sortant du camion. L'un des quatre pompiers blessés, Jeremy Beier, âgé de 24 ans, était mort un mois après des suites de ses blessures.

Lundi soir, le Sdis 34 a publié un communiqué appelant au respect de la présomption d'innocence dans cette affaire. "Cette convocation va permettre de recueillir et de préciser les faits qui se sont déroulés lors de ce dramatique incendie qui a une nouvelle fois meurtri le département de l'Hérault", a précisé le Sdis dans ce communiqué.

Les personnels qui ont été convoqués par les enquêteurs "bénéficieront de la protection fonctionnelle" et de "l'assistance juridique nécessaire" pour les agents "puissent disposer de leur droit lors des différentes auditions", a indiqué le Sdis 34.