Génocide : ce sont "les historiens" qui doivent trancher

Francis Letellier reçoit le spécialiste des conflits armés Gérard Chaliand pour évoquer le génocide arménien.

FRANCE 3

Pour évoquer le génocide arménien, Soir 3 reçoit Gérard Chaliand, géopolitologue, spécialiste des conflits armés. Depuis Marseille (Bouches-du-Rhône), il explique qu'"on ne peut pas parler d'une version arménienne, on peut juste parler de faits. Que la Turquie ne veuille pas qu'on utilise le terme de génocide, on le comprend parfaitement, ce sont des choses qui ne sont acceptées que par des États vaincus". Gérard Chaliand raconte que la Turquie a reconnu le crime de lèse-humanité à l'époque. Une cour ottomane et des tribunaux militaires ont condamné à mort par contumace les coupables qui avaient fui. Sur le terme de génocide, "par la suite, les circonstances ont changé".

Un mot qu'il faut manipuler avec prudence

Le terme génocide, d'abord imaginé pour désigner le massacre systématique des juifs par les nazis, est-il aujourd'hui banalisé ? Pour les Nations unies, "il s'agit de l'intention, mise à effet, de liquider l'ensemble ou une grande partie d'un groupe ethnique ou religieux", précise Gérard Chaliand qui souligne que Raphael Lemkin, inventeur du mot génocide, avait inventé ce mot "en partant de ce qu'il savait de l'extermination des Arméniens". Mais Gérard Chaliand met en garde : "je ne pense pas qu'on ait intérêt à utiliser ce mot à tout bout de champ". Et ce sont "les historiens" qui doivent décider si on est ou non en face d'un génocide.

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