Évasion de Rédoine Faïd : Il faudrait des "parloirs spécifiques pour les détenus qui ont un lourd passé judiciaire"

Selon le député Nouvelle Gauche Joaquim Pueyo, les parloirs sont des lieux particulièrement sensibles au sein des prisons.

Rédoine Faïd s\'est évadé de la prison de Réau dimanche 1er juilet 2018.
Rédoine Faïd s'est évadé de la prison de Réau dimanche 1er juilet 2018. (LP/MARINE LEGRAND / MAXPPP)

Est-ce qu’il ne pourrait pas y avoir "des parloirs spécifiques pour des détenus de ce gabarit ?" interroge sur franceinfo lundi 2 juillet Joaquim Pueyo, député Nouvelle Gauche de l’Orne, vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées. Il revient sur l’évasion par hélicoptère du braqueur récidiviste Redoine Faïd, dimanche, de sa prison de Seine-et-Marne.

Le parloir, lieu stratégique

"Là ce sont des parloirs de droit commun, tous les détenus y vont. On sait très bien qu'ils sont proches de l'entrée de l'établissement, pour éviter aux familles de faire des déplacements importants au sein de l’établissement pénitentiaire. Les parloirs doivent avoir, pour moi, une attention particulière. Pour les détenus qui ont un lourd passé judiciaire, il faut revoir un petit peu le système", estime Joaquim Pueyo, qui a également été directeur de la prison de Fleury-Mérogis. Il avait d’ailleurs à cette époque "renforcé la sécurité de certains parloirs pour éviter que les hélicoptères s'approchent."

Les parloirs sont des lieux très sensiblesJoaquim Pueyoà franceinfo

Une logistique "considérable"

"On sait que Rédoine Faïd avait les moyens de mettre en place une logistique considérable, il l'a démontré malheureusement hier. Il a une connaissance parfaite de l'établissement" juge Joaquim Pueyo. Cette évasion est "extrêmement grave. C'est un détenu qui a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle, qui a été condamné de nombreuses fois et qui doit faire l'objet d'une surveillance particulière. Redoine Faïd a un passé judiciaire très lourd."

Joaquim Pueyo est pour un renforcement de la sécurité, mais pas pour armer tous les surveillants. "C'est trop compliqué à l'intérieur parce que ça peut se retourner contre eux s'il y a une émeute ou un mouvement collectif. Par contre, tout ce qui est périmétrique oui, il faut armer les personnels, ce qui est le cas actuellement. Mais ça n'est pas suffisant pour des établissements qui hébergent des détenus qui ont un passé judiciaire et qui ont les logistiques. On savait que Redoine Faid avait une logistique à l’extérieur. "Nous avons en France deux maisons centrales avec une sécurité optimale. Ce détenu aurait dû être affecté dans ce genre d’établissements, compte tenu de son passé." Même si le centre pénitentiaire de Réau "est récent et a des techniques de sécurité relativement pointues" selon le député.