Enlèvement de Mia : "Rémy Daillet ne fuit pas la justice française", assure son avocat qui dénonce un "complot"

Le Français est toujours à Singapour où sa compagne, enceinte, a été hospitalisée. 

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Radio France
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Rémy Daillet en février 2009.  (REMY GABALDA / MAXPPP)

Soupçonné d'être mêlé à l'enlèvement de la petite Mia dans les Vosges mi-avril, "Rémy Daillet ne fuit pas la justice française", a affirmé lundi 14 juin sur franceinfo son avocat, Jean-Christophe Basson-Larbi. Rémy Daillet doit être expulsé de Malaisie avec sa famille en direction de la France où il fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Cependant, le Français et ses proches n'ont pas embarqué à Singapour d'où il devait décoller pour rejoindre Paris. Son avocat dénonce "un complot" contre son client et ne lui conseille pas "de rentrer en France au plus vite". Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt.

franceinfo : Pourquoi ne sont-ils pas en France ce lundi matin ?

Jean-Christophe Basson-Larbi : Ils ne sont pas en France ce matin pour deux raisons. La première, la plus évidente, c'est l'état de santé de Léonie Bardet, qui est enceinte de six mois dans le cas d'une grossesse à risque et qui, depuis plusieurs semaines et même avant leur arrestation et leur incarcération dans des geôles totalement sordides, avait fourni trois certificats médicaux de spécialistes différents indiquant que cette grossesse à risque avec toutes les pathologies associées l'empêchaient de prendre l'avion et mettaient en danger sa vie et la vie de l'enfant qu'elle porte pour un vol moyen ou long courrier. Première raison, raison médicale, la seconde raison, c'est qu’à Singapour, les autorités ont très vite compris que si complot il y a dans cette affaire, c'est un complot ourdi par les services français avec la complicité de la Malaisie, puisque la situation était régulière sur le territoire malaisien et comme la plupart des expatriés, compte tenu du Covid, les visas sont venus à expiration. Et comme l'administration là-bas était fermée, il y avait des processus qui ont été mis en œuvre et mis en place par les autorités malaisiennes à compter du 21 avril dernier. Elles demandaient un dossier d'extension de visa pour lequel il fallait une lettre de soutien des ambassades qui a été refusée à mes clients sans raison.

Rémy Daillet fuit-il la justice française ?

Rémy Daillet ne fuit pas la justice française. Il vivait publiquement en Malaisie depuis 6 ans. Ce n'était pas un fugitif. Rémy Daillet n'était pas en fuite. Il vivait en Malaisie au vu et au su de tout le monde. Il était très bien intégré. La preuve, il a un soutien très important de la communauté française en Malaisie, qui a œuvré pour la libération de Léonie Bardet et des enfants. Et il a répondu à toutes les sollicitations des services de police sur place.

Lui conseillez-vous de rentrer en France au plus vite ?

Non, je ne lui conseille pas de rentrer en France au plus vite, malgré le mandat d'arrêt, quand je vois le traitement qui est réservé à Rémy Daillet.
Rémy Daillet depuis le mois d'avril, c'est l'ennemi public numéro 1. C'est le dernier des derniers. Moi, je suis très inquiet quant à l'exercice effectif des droits de la défense de Rémy Daillet. Quand je vois la quinzaine de jours au cachot. Je suis très inquiet. Je fais confiance à la justice française habituellement, mais dans cette affaire-là, je crains qu'il y ait un déséquilibre et que l'exercice des droits de la défense ne puisse pas se faire sereinement compte tenu des proportions totalement délirantes que cette affaire a prise.

Est-ce que Rémy Daillet reconnaît un rôle, quel qu'il soit, dans l'enlèvement de cette petite fille de 8 ans?

Absolument pas. Rien, à ma connaissance. Et pour cause, nous n'avons pas accès au dossier puisque Rémy Daillet n'a pas été présenté devant le magistrat-instructeur. Nous n'avons pas accès au dossier. La seule chose à laquelle on a accès, c'est ce qui se dit dans la presse.

Dans la presse et dans le compte rendu des auditions des gardes à vue des personnes qui sont mises en examen, plusieurs membres de ce commando se réclament de lui. Ils l'ont dit pendant leurs auditions. Le numéro de portable de Rémy Daillet figurait également dans leur répertoire. Ils disent qu'ils ont été en contact avec lui pour préparer cet enlèvement. Ça aussi, c'est un complot ?

Attention, il faut bien remettre les choses à leur place. Il y a le secret de l'enquête et le secret d'instruction. Les comptes rendus qui ne sont que des violations du secret de l'enquête ou du secret d'instruction ou des communications du parquet, ce n’est pas la réalité de l’instruction.
A ce stade, Rémy Daillet est inquiété de façon disproportionnée parce que c'est un opposant politique qui appelle au renversement du régime du président. Ces gens-là, sans doute, sont des gens qui se retrouvent dans les idées politiques que Rémy Daillet véhicule d'où l'inspiration prétendue supposée dont ils ont fait état.

Vous le considérez comme un opposant politique ?

Rémy Daillet a un mouvement politique qui s'appelle 'le renversement', il a des partisans en France. C'est un parti, 'le renversement'. Alors on partage ou pas leurs idées, à titre personnel, je défends Rémy Daillet. Je ne suis pas son porte-parole. Simplement, ce que je constate, c'est que le traitement de défaveur, les manœuvres qui sont vraiment des manigances et des complots interétatiques avec la diplomatie à l’œuvre pour écarter Rémy Daillet et sa compagne et leurs enfants de leurs avocats et les jeter au cachot sans ménagement, sans respect des droits de l’homme. Ça, je ne peux l'expliquer que par le fait que c'est un opposant politique.

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