Marseille : un mois après le drame, 300 personnes réunies rue d'Aubagne pour rendre hommage aux victimes

La cérémonie était complètement improvisée. Aucun homme politique ne s'y est rendu.

Illustrations des 8 minutes de silence observées par la population de Marseillle, venue rendre hommage aux victimes de l\'effondrement des deux immeubles de la rue d\'Aubagne à Marseille le 5 novembre 2018 à 09h05. 
Illustrations des 8 minutes de silence observées par la population de Marseillle, venue rendre hommage aux victimes de l'effondrement des deux immeubles de la rue d'Aubagne à Marseille le 5 novembre 2018 à 09h05.  (VALÉRIE VREL / MAXPPP)

Il y a un mois, deux immeubles s’effondraient à Marseille, provoquant la mort de huit personnes. Mercredi 5 décembre au matin, 300 Marseillais, brassards noirs au bras, sont venus rendre un hommage aux victimes de la rue d’Aubagne. La cérémonie, totalement improvisée, avait été annoncée via les réseaux sociaux. Les participants se sont retrouvés à 50 mètres des immeubles effondrés, devant une devanture de magasin fermé. Sur place, des bougies, des fleurs fanées et des portraits de victimes.

"Je remercie le Marseille d'en bas, pas celui d'en haut"

"Je vous demande d'observer huit minutes de silence à la mémoire des huit victimes du drame du 65 rue d'Aubagne", demande un homme venu se recueillir. Une autre participante prend la parole : "Je veux remercier Marseille d'être solidaire avec nous. Mais le Marseille d'en bas, pas celui d'en haut, parce qu'aujourd'hui à chaque hommage qu'on leur a rendu, c'est le peuple marseillais qu'on a trouvé avec nous. Et merci à tout le monde d'avoir fait le déplacement, de pas les avoir oubliés", ajoute-t-elle, les larmes aux yeux.

De l'émotion, mais beaucoup de colère et un sentiment d'injustice, aussi. "On n'a eu que du mépris, maintenant oui, je dis 'la mairie ne m'a pas aidée'", explique une des participantes. "Je ne les remercie pas. Je remercie les pompiers, la police, ces gens qui ont travaillé 24 heures sur 24 sous la pluie, sous la grêle. La mairie était-elle sous la pluie et la grêle ? Non", s'emporte-t-elle. Les participants regrettent qu'aucun homme politique ne soit venu assister à la cérémonie.

Quand il y a des drames, ce ne sont pas les hommes politiques qui viennent. Ils ne sont pas là. On est des pauvres et les pauvres on ne les soutient pas. On les écraseUne des participantes à la cérémonie

Samedi 1er décembre, 12 000 Marseillais sont allés crier leur colère sous les fenêtres de Jean-Claude Gaudin, ils étaient six fois plus qu'à la manifestation des "gilets jaunes".