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Document franceinfo Fin de la prise d'otage à Paris : "J'avais la conviction qu'il ne passerait pas à l'acte", affirme l'avocate qui a pu parler au forcené

Quand on l'a appelée pour qu'elle parle au ravisseur, Maître Sylvie Noachovitch s'est demandé "si ce n’était pas un canular".

Article rédigé par France Info
Radio France
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Maître Sylvie Noachovitch, le 24 septembre 2015. (/NCY / MAXPPP)

Un forcené a pris en otage deux femmes dans une boutique du 12e arrondissement de Paris lundi 20 décembre. Il a été interpellé mardi matin vers 8 heures. Franceinfo a recueilli le témoignage de l'avocate d'Omar Raddad à qui il a demandé à parler expressément. "J'avais la conviction qu'il ne passerait pas à l'acte", assure maître Sylvie Noachovitch.

L'avocate précise les circonstances dans lesquelles ce coup de téléphone a eu lieu. "J'étais en réunion quand j'ai été appelée par mon cabinet en urgence en me disant qu'il y avait un forcené qui était en train de faire une prise d'otages qui voulait absolument me parler. Parallèlement j'ai été appelée par la BRI, je me suis demandé si ce n’était pas un canular. La BRI m'a dit que cet homme conditionnait cet appel de ma part avec la libération des otages".

"Il se disait victime d'une erreur médicale et me demandait de le sauver"

L'avocate a donc appelé le preneur d'otages. "Évidemment je ne me suis pas posé de questions, j'ai immédiatement appelé cet homme. Il m'a précisée qu'il avait beaucoup d'admiration pour moi et qu'il souhaitait absolument que je sois son avocate. Mais qu'il n'avait pas les moyens de régler les honoraires d'avocat. Parallèlement il voulait absolument que je le sauve, parce qu'il était victime d'une erreur médicale". Pour Sylvie Noachovitch, "il est évident que cet homme était en grande souffrance.

"Il me suppliait, il pleurait en même temps qu'il me parlait, je l'ai senti vraiment pas bien du tout."

Maître Sylvie Noachovitch

à franceinfo

"J'ai cru comprendre qu'il avait des soins psychiatriques, des médicaments qu'il n'avait pas pris. J'ai discuté un certain nombre de temps parce que je voulais vraiment le calmer", a poursuivi l'avocate.

Des propos délirants

Le preneur d'otages n'a jamais parlé des otages. "C'est moi qui en parlait. Je lui disais 'écoutez, vous avez un problème, les otages n'ont rien à voir, ils ne sont pas concernés'. Il menaçait de passer à l'acte si je ne le sauvais pas. C'était délirant les propos tenus. Je lui ai dit qu'il y avait des démarches juridiques mais certainement pas de menacer de tuer des otages, ça n'a rien à voir. À un moment donné, quand vous êtes face à des propos délirants vous ne pouvez plus rien faire si ce n'est essayer de le calmer et de le rassurer". L'avocate précise qu'il n'a jamais été question de l'affaire Omar Raddad, "il n'a jamais une seule fois évoqué Omar Raddad". Sylvie Noachovitch défend cet ancien jardinier dont l'affaire a été relancée la semaine dernière.

L'avocate n'a pas pu parler aux otages lundi "parce qu'il ne m'a pas permis de le faire", précise-t-elle. "En revanche, je savais qu'elles étaient à côté, je n'entendais pas de bruit particulier". Le forcené avait une voix "stressée, il était extrêmement stressé, nerveux, on sentait vraiment qu'il était en grande souffrance".

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