Mort de Steve Maia Caniço : "La question qui est posée est exclusivement celle de l'intervention policière", pour la mairie de Nantes

"Il y a ces installations depuis 20 ans à Nantes, il y a des soundsystems tous les week-ends dans toute la France, souvent près de cours d'eau," rappelle Aymeric Seassau, l'un des maire-adjoints.

Détail d\'une fresque rendant hommage à Steve Maia Caniço, près du quai Wilson à Nantes, le 30 juillet 2019.
Détail d'une fresque rendant hommage à Steve Maia Caniço, près du quai Wilson à Nantes, le 30 juillet 2019. (LOIC VENANCE / AFP)

Aymeric Seassau, adjoint PCF à la maire de Nantes, a remis en cause l'intervention de la police sur franceinfo mercredi 31 juillet, au lendemain de la confirmation que le corps découvert dans la Loire était bien celui de Steve Maia Caniço. Le même jour, l'Inspection générale de la police (IGPN) a publié une synthèse de son rapport sur l'intervention policière le soir du 21 juin, dans lequel il est écrit que l'usage de la force "n'est pas apparu disproportionné".

franceinfo : Le Premier ministre a évoqué la responsabilité de chacun, et notamment celle de la municipalité. Vous sentez-vous visés par ces propos d'Edouard Philippe ?

Aymeric Seassau : Nous ne nous sentons pas responsables de ce qui s'est passé pour une raison très simple : les vidéos sont accablantes. En 2017, il s'est produit une scène similaire, où les forces de l'ordre avaient choisi un repli tactique plutôt que d'engager une action près de la Loire. Il y a ces installations depuis 20 ans à Nantes, il y a des soundsystems tous les week-ends dans toute la France, souvent près de cours d'eau. La question qui est posée est donc celle de l'intervention policière et exclusivement celle de l'intervention policière. Edouard Philippe reste droit dans ses bottes, il soutient la politique de maintien de l'ordre de son ministre, qui est mis en cause.

Quelle a été votre réaction hier en entendant le Premier ministre évoquer le rapport de l'IGPN, qui ne fait pas de lien entre la disparition de Steve Maia Caniço et l'intervention de la police ?

Edouard Philippe a mis cinq semaines à nous faire savoir qu'il ne sait pas grand-chose. Il reste droit dans ses bottes sur la politique qu'il conduit au nom du président Macron. J'ai deux réactions : la colère et la honte. J'ai honte d'imaginer qu'on puisse être dans autant de déni. L'IGPN, qui a établi ce rapport, est un service de la police. Ce service considère normal de parquer une centaine de lycéens à Mantes-la-Jolie, les mains sur la tête et à genoux par terre. Ce service a aussi conclu qu'il n'y avait rien à regarder du côté de la police alors qu'une vieille dame est décédée à Marseille en recevant une grenade de désencerclement alors qu'elle fermait ses volets. Il faut plus que des enquêtes administratives : tous les moyens légaux seront les bons. Il y a une plainte déposée par une centaine de jeunes. Là encore, les témoignages sur la violence de la charge sont accablants.

Le Premier ministre a l'intention de recevoir la famille de Steve Maia Caniço en présence de Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur. C'est important pour vous ?

C'est tard. De plus, en présence de Christophe Castaner, cela peut ressembler à une provocation. Il faut maintenant faire agir la justice au plus vite afin d'obtenir la vérité pour Steve. Il n'y a eu aucun mot de compassion et de solidarité [de la part du gouvernement] pour ce qui s'est passé ce soir-là. Quatorze jeunes sont tombés à la Loire : onze ont été repêchés par les services, d'autres sont remontés par eux-mêmes. Vous imaginez ce qui s'est passé ? Dans un mouvement de panique, des jeunes ont senti le sol se dérober sous leurs pieds et sont tombés dans la Loire alors qu'ils écoutaient un concert.