Procès de Nordahl Lelandais : dans un revirement inattendu, l'accusé reconnaît avoir enlevé et "volontairement" tué Maëlys

"Je reconnais l'intégralité des faits qui me sont reprochés", a-t-il déclaré vendredi sur questionnement de son avocat Alain Jakubowicz, après plus de cinq heures d'interrogatoire, devant les assises de l'Isère.

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Nordahl Lelandais lors de son interrogatoire devant la cour d'assises de l'Isère (Grenoble), le 11 février 2022.  (ELISABETH DE POURQUERY / FRANCEINFO)

Après cinq heures d'interrogatoire, vendredi 11 février à Grenoble (Isère), et alors qu'on n'attendait aucun revirement de Nordahl Lelandais, il a finalement reconnu in extremis avoir "volontairement" tué Maëlys de Araujo, dans la nuit du 26 au 27 août 2017, après l'avoir enlevée. "Je reconnais l'intégralité des faits qui me sont reprochés", a-t-il déclaré, sur questionnement de son avocat, Alain Jakubowicz, dernier à l'interroger. 

"Il ne s'agit plus d'ergoter mais de prendre conscience de la gravité des faits que tu as commis. S'agissant de Maëlys, on ne va pas tourner autour du pot", lui a lancé son conseil. "Tu es poursuivi pour avoir volontairement donné la mort", rappelle-t-il à son client.  

- Oui maître, répond l'accusé dans son box.

- On peut oublier le mot d'accident ?

- Oui. C'est clair. J'ai donné volontairement la mort à Maëlys, déclare l'accusé.

- Est-ce que tu reconnais que faire monter une petite fille à 3 heures du matin dans ta voiture le soir d'un mariage, c'est un enlèvement ?

- Oui, maître."

Jusqu'ici, l'ancien militaire affirmait avoir tué l'enfant de manière involontaire et qu'elle était montée de son plein gré dans sa voiture. Pendant tout son interrogatoire vendredi, il s'en est d'ailleurs tenu à cette version des faits. 

"Je n'étais pas dans cette optique sexuelle" 

Debout dans son box, il a raconté cette nuit cauchemardesque, déroulant lentement son récit, avec parfois quelques larmes qui ont affleuré, sans que l'on sache si elles étaient réelles ou feintes. Le matin, Jean-Yves Coquillat, l'ex-procureur de Grenoble, a raconté l'avoir vu se mettre à genoux au moment où les restes de la petite avaient été retrouvés. Il avait demandé "pardon" à la fillette. "J'ai eu le sentiment que c'était du cinéma", a commenté le procureur retraité. 

Quand est venu le moment de raconter la mort de l'enfant, Nordahl Lelandais a ralenti, prenant un air contrit. "Elle commence à hoqueter. Un petit pleur. A ce moment-là, je ne sais pas ce qu'il s'est passé. J'ai tourné la tête et j'ai eu cette impression, complètement folle, que personne ne peut comprendre. J'ai eu cette peur de ce qu'il s'était passé en avril 2017. J'ai donné des coups", a-t-il détaillé dans un salle bondée mais silencieuse. 

"De la honte, des remords, de la culpabilité, j'en aurai toute ma vie", a-t-il lâché, présentant une nouvelle fois ses "excuses" à la famille. "On aimerait que je dise que c'est un crime sexuel mais pas du tout", a-t-il encore ajouté. "Je n'étais pas du tout dans cette optique sexuelle, loin de là".

Les parties civiles "outrées" 

Reste à savoir si l'accusé, manifestement essoré, a bien compris la portée de ses aveux en forme de coup de théâtre. La présidente devrait le questionner lundi pour vérifier qu'il s'agit bien d'un réel revirement.

"Si vous me demandez si Nordahl Lelandais a avancé, a fait un pas vers les parties civiles, la réponse c'est non, très clairement", a réagi peu après l'avocat de la mère de Maëlys, Fabien Rajon, affirmant que les parties civiles avaient "été outrées par (ses) déclarations".

Déjà condamné à Chambéry en mai 2021 à 20 ans de réclusion pour le meurtre d'Arthur Noyer, l'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de Maëlys. La troisième et dernière semaine du procès doit démarrer lundi à 9 heures avec le rapport des experts-psychologues. Le verdict est attendu vendredi prochain.

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