Affaire Fiona : sans corps, enquêteurs et médecins ne peuvent percer le mystère de la disparition de la fillette

Le mystère reste entier sur les conditions de la mort de l'enfant, en mai 2013,à Clermont-Ferrand. Son corps n'a jamais pu être retrouvé. Le procès de la mère et du beau-père de la fillette doit s'achever vendredi soir, à Riom.

Un dossier dans la salle d\'audience où se déroule le procès de l\'affaire Fiona, le 17 novembre 2016, à Riom (Puy-de-Dôme). 
Un dossier dans la salle d'audience où se déroule le procès de l'affaire Fiona, le 17 novembre 2016, à Riom (Puy-de-Dôme).  (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

La confusion règne toujours au procès de l'affaire Fiona. Mercredi 23 novembre, au huitième jour d'audience devant les assises du Puy-de-Dôme, le mystère reste entier sur la mort de la fillette, disparue en mai 2013 à Clermont-Ferrand. 

Après avoir écouté les récits glaçants et confus de la mère de Fiona, Cécile Bourgeon, et de son beau-père, Berkane Makhlouf, la semaine dernière, la cour a entendu aujourd'hui les enquêteurs. Mais le corps de l'enfant n'ayant pas été découvert, la vérité sur sa mort peine à se dessiner, racontent les envoyées spéciales de franceinfo et de france inter sur Twitter. 

Trois hypothèses pour expliquer la mort de Fiona 

De quoi est morte Fiona ? Puisqu'elle n'a pas pu observer le corps de la fillette, la médecin-légiste, Caroline Rey-Salmon, n'a pu que formuler des hypothèses. Elle en a retenu trois : un traumatisme abdominal fatal, une liaison intracrânienne fatale ou l'absorption accidentelle de médicaments. 

Avant de mourir, Fiona a vomi, ont raconté à la cour les accusés, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf. Partant de leurs témoignages, la médecin-légiste privilégie l'hypothèse d'"un traumatisme abdominal fatal". Il s'agit d'une "complication rare de la maltraitance mais très meurtrière car c'est la deuxième cause de mort chez l'enfant victime", a-t-elle ajouté, citée par France 3 Auvergne

Elle évoque aussi la possibilité "d'une liaison intracrânienne fatale" : "Il a pu y avoir développement d'une hypertension entraînant un trouble de la conscience, le coma et la mort", explique-t-elle, notant cependant que certains symptomes n'ont pas été rapportés par la mère et le beau-père de Fiona. 

Enfin, reste l'hypothèse de l'absorption accidentelle de médicaments. Si "les intoxications aux stupéfiants chez les jeunes enfants sont rarissimes", assure la médecin-légiste, elle est l'hypothèse privilégiée par l'avocat de la mère de Fiona, qui évoque la possibilité que la fillette ait ingéré un résidu de cannabis. 

Désaccord entre les enquêteurs sur l'endroit où se trouve le corps

Les policiers eux-même divergent sur le sort de la fillette. Pour le directeur du service régional de police judiciaire (SRPJ), François Bernard, les aveux de Cécile Bourgeon et de son ex-concubin Berkane Makhlouf concernant l'enfouissement du corps de l'enfant, en bordure d'une forêt près du lac d'Aydat au sud de la capitale auvergnate, est un "mensonge". "Ce fait-là n'est étayé par rien. Pendant des semaines, on a organisé des recherches minutieuses et exhaustives, mis en place un important travail de cartographie. Tout ce travail a été totalement vain. Ce n'est pas vrai car sinon, on l'aurait trouvée", a affirmé François Bernard mercredi à la barre. Lors des fouilles, "ma conviction est totale, Cécile Bourgeon a fait semblant de nous aider. Berkane Makhlouf, lui, n'a jamais essayé. On nous a promenés", a ajouté le policier.

L'ancien chef de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), Christophe Molmy, en poste au moment des faits, a cependant fait part à la cour d'assises d'une autre "conviction". "Pour ma part, il me semble bien évident qu'il y a un trou qui a été creusé après" la mort de Fiona, a-t-il déclaré. Lui dit aussi croire l'accusée lorsqu'elle accuse son ex-concubin d'avoir porté un coup à Fiona.

Enfin, pour le directeur départemental de la Sécurité publique (DDSP) du Puy-de-Dôme, Marc Fernandez, le corps de la fillette pourrait tout aussi bien avoir été déposé dans les ordures. "Mettre un corps dans un conteneur de poubelles qui seront ensuite brûlées à la déchetterie, c'est une manière parfaite pour se débarrasser d'un corps", estime-t-il, citant le témoignage d'un voisin qui dit avoir vu Berkane Makhlouf transporter un sac poubelle noir sur le dos. "On n'a pas fouillé toutes les poubelles, seules celles de l'immeuble, c'est un regret", admet-il.

Autant de mystères qui subsistent alors que le procès doit s'achever vendredi soir.