Ce que l'on sait de l'attaque de policiers aux cocktails Molotov à la Grande Borne

Quatre membres des forces de l'ordre ont été blessés, dont deux grièvement brûlés.

Des policiers bouclent le carrefour où des policiers ont été attaqués avec des cocktails Molotov, samedi 8 octobre 2016 à Viry-Châtillon (Essonne).
Des policiers bouclent le carrefour où des policiers ont été attaqués avec des cocktails Molotov, samedi 8 octobre 2016 à Viry-Châtillon (Essonne). (THOMAS SAMSON / AFP)

François Hollande a dénoncé une agression "intolérable". Quatre policiers ont été blessés samedi 8 octobre, dont deux grièvement brûlés, dans une attaque aux cocktails Molotov dans la cité difficile de la Grande Borne (Essonne).

Franceinfo récapitule ce que l'on sait à ce sujet.

Que s'est-il passé ?

L'attaque a eu lieu peu avant 15 heures à un carrefour de cette cité située sur les communes de Grigny et Viry-Châtillon (Essonne). Depuis plus d'un an, la mairie de Viry-Châtillon tentait de reprendre le territoire de ce carrefour dit "du Fournil" –du nom de la boulangerie voisine–, où du trafic de stupéfiants ainsi que des vols à la portièrent se déroulaient régulièrement. Pour tenter d'y mettre fin, la municipalité y avait installé une caméra de vidéosurveillance, que les policiers attaqués étaient chargés de protéger.

Les deux fonctionnaires les plus gravement blessés effectuaient leur mission de surveillance à l'intérieur de leurs véhicules lorsqu'"une quinzaine d'individus" les ont attaqués, raconte à franceinfo Claude Carriot, du syndicat Alliance 91. Il réclame "300 policiers supplémentaires" dans le département.

Ils ont lancé différents projectiles pour casser les vitres et ils ont projeté des cocktails Molotov à l'intérieur avec les collègues qui étaient à l'intérieur. Ils ont bloqué les portières pour empêcher nos collègues de sortir alors qu'il y avait le feu.Claude Carriot, du syndicat Alliance 91à franceinfo

Les deux véhicules, stationnés sur un trottoir, sont entièrement calcinés. De nombreux policiers, armés de lanceurs de grenades lacrymogènes et de boucliers et casqués se sont depuis postés à l'entrée de la cité, de même que des camions de CRS.

Samedi dernier, une attaque avait déjà eu lieu au même carrefour de Viry-Châtillon. Un camion volé avait brûlé mais sans endommager la caméra. Le lendemain, des blocs de béton ont été disposés autour du mât supportant la caméra.

Cette caméra est toute neuve : la précédente avait en effet été détruite il y a deux semaines à l'aide d'une fourgonnette volée, utilisée comme voiture-bélier puis incendiée au cocktail Molotov. La scène s'était déroulée à l'heure du déjeuner, devant de nombreux passants.

Comment se portent les victimes ?

Le premier policier blessé, adjoint de sécurité, a été brûlé gravement à 30%, a précisé le syndicaliste. L'état de la seconde victime, une gardienne de la paix, est "jugé grave", a ajouté cette source. Tous deux ont été hospitalisés dans un hôpital parisien.

Deux autres policiers, appelés en renfort pour leur porter secours, ont été légèrement blessés après avoir été la cible eux aussi de jets de cocktails Molotov. Choqués, ils ont également été évacués vers un centre hospitalier.

Quelles sont les suites judiciaires ?

Le parquet d'Evry a ouvert une enquête en flagrance pour tentative d'homicide. Elle a été confiée à la sûreté départementale de l'Essonne.

"La prochaine étape, c'est d'aller à l'intérieur de la Grande Borne pour faire cesser tous ces trafics car c'est bien ça que la caméra dérange", a déclaré pour sa part le maire Jean-Marie Vilain (UDI).

Quelles ont été les réactions ?

L'exécutif a fermement condamné cette attaque. Dans un communiqué, François Hollande a dénoncé une agression "inqualifiable et intolérable, car elle met en cause la vie de fonctionnaires dont la mission est de protéger la population". Il a assuré que "tout sera fait pour retrouver les auteurs de cette attaque et les traduire devant la justice pour qu'ils soient condamnés à une peine à la mesure de la gravité de leur acte".

Le ministre de l'Intérieur a condamné "avec la plus grande fermeté ces actes d'une extrême gravité", tandis que Manuel Valls, qui s'est rendu sur place, a dénoncé "des actes aussi intolérables appellent des sanctions exemplaires".

A droite, Eric Ciotti (Les Républicains) a dénoncé une agression venue de "racailles", tandis que Florian Philippot (FN) a évoqué sur Twitter des "attaques infâmes".