Calais : trois personnes mises en examen pour avoir violé, torturé et séquestré une femme pendant deux mois

Jusqu'à ce que la jeune femme de 18 ans se sauve par une fenêtre, deux frères et l'épouse du cadet sont accusés de l'avoir violée et notamment forcée à ingurgiter des mégots de cigarettes trouvés dans la rue.

La rue de Calais où le trio a été interpellé le 28 novembre 2018.
La rue de Calais où le trio a été interpellé le 28 novembre 2018. (GOOGLE STREET VIEW)

Pendant près de deux mois, une jeune fille de 18 ans a été séquestrée et violée dans une maison de Calais (Pas-de-Calais). Deux frères et l'épouse du cadet ont été mis en examen, vendredi 30 novembre, notamment pour viols avec tortures et actes de barbarie. Conformément aux réquisitions du parquet, les deux hommes ont été placés en détention provisoire. Tous les trois ont reconnu les faits.

Les trois mis en cause avaient été placés en garde à vue mercredi en début d'après-midi. D'un niveau intellectuel très faible, ils vivent dans des conditions très modestes et sont sans emploi. S'ils ont quelques antécédents au fichier de la police, ils n'ont commis aucun délit ou crime grave, d'après le parquet. Ces faits sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

Des viols entre le 1er octobre et le 28 novembre

Tout commence début octobre, lorsque cette jeune fille de 18 ans, issue d'un milieu modeste, se dispute avec son père qui l'héberge à Dunkerque. Elle prend la route de Calais, à une trentaine de kilomètres à l'ouest, et est accueillie par des connaissances, deux frères âgés de 19 et 22 ans et l'épouse du cadet, 37 ans, dans un quartier populaire de la ville.

Rapidement, la femme, "par jalousie", craint que "cette jeune fille, qui a quasiment le même âge que son conjoint, ne le séduise", a expliqué à l'AFP le procureur de la République à Boulogne-sur-Mer, Pascal Marconville, confirmant une information de La Voix du Nord. Les premières humiliations débutent, puis des viols "auxquels la femme a aussi participé", d'après lui. "Les faits se seraient échelonnés entre le 1er octobre et le 28 novembre", a-t-il précisé.

Manger les excréments du chat et boire de l'urine

Sous l'emprise totale du trio et ne connaissant personne à Calais, la jeune fille, en dépit de la maltraitance subie, "revenait invariablement au domicile des intéressés" dans cette maison mitoyenne d'un étage, typique du Nord. Parmi les sévices endurés, elle devait manger les excréments du chat, boire de l'urine ou ingurgiter des mégots de cigarettes trouvés dans la rue. La victime, qui a été hospitalisée, présente des traces de brûlures sur tout le corps, des hématomes ainsi que des traumatismes psychologiques très importants, d'après le parquet.

Certains voisins ont bien vu cette adolescente dans la rue mais elle n'a pas répondu aux tentatives de secours, d'après le parquet. En outre, le trio a demandé une rançon au père de la victime, qui a déposé plainte au commissariat. De manière quasi concomitante, la jeune fille est finalement parvenue à se sauver par une fenêtre et à gagner une pharmacie, mercredi vers 11h30. C'est le pharmacien qui a ensuite appelé les secours. "On a très vite identifié l'intéressée et son père même si elle avait du mal à s'exprimer car elle était dans un état catastrophique", a dit Pascal Marconville.