Bloqués durant 15 heures dans une base militaire américaine : la galère des passagers d'Air Caraïbes

Leur vol, entre Cayenne et Paris via Fort-de-France, a été dérouté, dans la nuit de mardi à mercredi, vers un aéroport militaire américain des Açores (Portugal). Bloqués dans l'aérogare depuis, les passagers dénoncent un calvaire.

La base aérienne de Lajes, dans l\'archipel des Açores (Portugal), le 15 mars 2003.
La base aérienne de Lajes, dans l'archipel des Açores (Portugal), le 15 mars 2003. (SANTIAGO LYON / AP / SIPA)

"On n'a pas d'eau, pas de nourriture depuis une dizaine d'heures." En embarquant mardi 16 août à Cayenne, à 18h15 (heure locale) à bord d'un vol d'Air Caraïbes à destination de Paris, Stanislas Frienkel n'imaginait pas connaître un tel "calvaire". Après une escale sans histoire à Fort-de-France (Martinique), l'avion est reparti à 21h46 pour Paris. "Pendant la nuit, alors que le vol se passait bien, une femme a fait un malaise, explique-t-il à francetv info. Notre vol a été dérouté sur l'aéroport militaire américain de Lajes [situé sur l'île de Terceira], aux Açores."

Selon les données du site Flight Radar, l'avion se pose sur l'archipel portugais, situé au milieu de l'Atlantique, ce mercredi 17 août à 10h19, heure de Paris. La malade est prise en charge et soignée sur place. En attendant, les passagers sont invités à débarquer pour que l'avion puisse faire le plein. "A ce moment-là, le commandant de bord nous a dit qu'il y avait un risque que l'on reste bloqué, pour respecter les temps de repos de l'équipage, mais qu'il allait demander une dérogation pour finir le vol", raconte Stanislas Frienkel, depuis l'aérogare.

La compagnie évoque "une situation exceptionnelle"

Le commandant de bord les informe que l'avion ne repartira pas avant le lendemain, jeudi 18 août. "On n'a pas d'eau, pas de nourriture, pas de personnel pour nous prendre en charge et pas le droit de sortir. Nous sommes 355 dans une salle où il n'y a même pas assez de sièges pour tout le monde", se désole-t-il.

Quelques heures après leur arrivée, l'équipage les informe enfin des conditions d'hébergement. Un snack, un dîner en ville mais... une nuit prévue dans l'aérogare, sans douche ni couverture. "Je suis énervé et écœuré. Nous avons intérêt à être remboursés car c'est un calvaire, commente Stanislas Frienkel, avant de lâcher : Cette nuit va être une jungle."

Contacté par francetv info, la compagnie plaide "une situation exceptionnelle", "indépendante de notre volonté". "La sécurité de nos passagers est notre priorité, c'est pour cela que nous avons dérouté l'avion. Ensuite, nous respectons la législation européenne, notre équipage était arrivé en butée horaire, nous devons attendre quinze heures pour reprendre le vol, indique-t-elle. Nous faisons le maximum pour accompagner nos passagers." 

Air Caraïbes reconnaît toutefois que "le confort est rudimentaire" sur la base, tout en assurant qu'elle réfléchit pour, à l'avenir, se dérouter "vers des aéroports mieux équipés".