Attaque mortelle d'un fourgon pénitentiaire : le ministère de la Justice fait de nouvelles propositions aux syndicats

Le document prévoit notamment une"dotation rapide en armes longues et armes d’épaules automatiques" ainsi qu'une "refonte des niveaux d’escortes" pour limiter les "extractions à deux agents".
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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En signe de protestation, les agents de la prison ont brûlé des pneus devant le pénitencier de Rouen (Seine-Maritime) pour dénoncer le manque de ressources et de personnel, le 17 mai 2024. (SERGE TENANI / HANS LUCAS)

Le ministère de la Justice a formulé vendredi 17 mai de nouvelles propositions pour renforcer la sécurité des agents pénitentiaires, après l'attaque mortelle d'un fourgon dans l'Eure mardi dernier. Ce nouveau "relevé de décision", que s'est procuré franceinfo, a été proposé aux syndicats, après une réunion avec Éric Dupond-Moretti. Le document a été transmis aux personnels, qui doivent donner leur avis.

Ce relevé de décision reprend une grande partie des contre-propositions transmises la veille par l'intersyndicale. Il mentionne notamment le fait de banaliser une grande partie des véhicules des services pénitentiaires, de les doter de véhicules type SUV et de renforcer la sécurisation de ces véhicules. Il ne fait pas mention en revanche de véhicules type "blindés", comme le demandait l'intersyndicale.

Le document prévoit une "dotation rapide en armes longues et armes d’épaules automatiques", associé à un plan de formation et à une doctrine d’emploi ; le déploiement immédiat et la généralisation du holster cuisse holster poitrine ; la mise à disposition du gilet pare-balle lourd pour les missions signalées ou encore le "déploiement rapide du pistolet à impulsion électrique et de la caméra piéton ainsi que de la bombe incapacitante à grande capacité".

Refonte des niveaux d’escortes

Il mentionne aussi la généralisation de l’accès au logiciel de traitement de données sur les détenus Genesis à tous les agents, "pour l’amélioration de l’évaluation de la dangerosité du détenu, en prévision de son extraction" ainsi qu'une "refonte des niveaux d’escortes et des compositions des équipes" afin de "limiter autant que possible les extractions à deux agents".

Pour limiter ces extractions, comme le demandaient les syndicats, le document prévoit de "développer le recours à la visioconférence pour les interrogatoires" et de "privilégier les déplacements des magistrats et greffiers au sein des établissements pour les détenus les plus signalés".

Concernant les extractions médicales, le ministère envisage "le développement de la télémédecine ou de tout autre dispositif". Par ailleurs, "l'évolution de la formation initiale des élèves surveillants permettra de mettre fin aux extractions médicales non armées", ajoute le document.

Un protocole finalisé en juin

D'un point de vue RH, le relevé de décision prévoit le "lancement d'une expertise sur l'impact de la révision des organigrammes de 39H à 35H" et le "lancement d'un grand chantier sur les cycles de travail".

Enfin, le ministère s'engage à "trouver des solutions rapides pour endiguer" la surpopulation carcérale. "Le principe de la mise en œuvre d’une large concertation pluridisciplinaire, avec l’ensemble de l’écosystème, a été acté", précise le document. Le protocole d’accord sera finalisé pour la semaine du 10 juin, détaillant les mesures et le calendrier de mise en œuvre, et prévoyant les modalités de suivi.

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