Pour ses proches, l'assaillant de Joué-les-Tours était "un bon garçon", "pas un jihadiste"

La famille et les amis du jeune homme, abattu samedi après avoir blessé trois policiers, affirment qu'il n'était pas un adepte de l'islam radical.

Des policiers à l\'entrée du commissariat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), attaqué la veille par Bertrand Nzohabonayo, le 21 décembre 2014.
Des policiers à l'entrée du commissariat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), attaqué la veille par Bertrand Nzohabonayo, le 21 décembre 2014. ( ALAIN PISTORESI / NICE MATIN / MAXPPP)

L'attaque de Bertrand Nzohabonayo contre le commissariat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), samedi 20 décembre, laisse ses proches incrédules. Le jeune homme de 20 ans a blessé trois policiers avec un couteau de cuisine, avant d'être abattu. La piste terroriste est toujours explorée par les enquêteurs.

Les proches de Bertrand Nzohabonayo contestent pourtant le portrait dépeint par les forces de l'ordre. Le Burundais ne serait pas un "jihadiste", ni un adepte de "l'islam radical". Francetv info revient sur ces témoignages. 

"Ce n'était pas un jihadiste", affirme son père

Le père de Bertrand Nzohabonayo, qui a rejoint ses enfants en Indre-et-Loire dans la nuit du lundi 22 au mardi 23 décembre, a expliqué ne pas comprendre l'attaque. "Ce n'était pas un jihadiste. C'était un non-violent, très pacifique", a-t-il affirmé à La Nouvelle République, mardi.

Selon son père, le jeune homme s'était "assagi" et "n'avait pas eu de problème avec la police" depuis ses 18 ans. "En supposant même qu'il ait préparé ça, est-ce que la police n'aurait pas pu le maîtriser, le désarmer ? s'est encore interrogé son père. C'est un acte isolé qui nécessite des éclaircissements."

Rien ne laissait présager son acte, selon sa sœur

Eunice Nzohabonayo, sa sœur, a affirmé aux journalistes de France 2 que le jeune homme n'a "jamais été dans l'islam radical". "Plusieurs fois, nous nous sommes assis pour débattre, et ce qu'il me disait de la religion, ce n'était pas les combats, ce n'était pas l'affontement, mais la science", a-t-elle expliqué, mardi 23 décembre.

La dernière fois que sa sœur l'a vu, quelques minutes avant le drame, rien ne laissait entendre que Bertrand Nzohabonayo comptait attaquer le commissariat de Joué-lès-Tours. "Ça n'a pas été des adieux, c'était comme d'habitude", raconte-t-elle. La jeune femme espère pouvoir regarder les vidéos de surveillance enregistrées devant le commissariat, pour obtenir "des réponses"

Un "bon garçon", à l'air "un peu bizarre"

Plusieurs proches de la famille Nzohabonayo, contactés par Le Parisien, ont eux aussi exprimé leur surprise après le drame. "Bertrand a toujours été un bon garçon, affirme une amie de sa mère, dans le quotidien paru mardi 23 décembre. Peut-être a-t-il été entraîné par d'autres dans la radicalisation. Mais en tout cas, je ne le croisais jamais dans une tenue musulmane, ou avec la grande barbe qu'on lui voit en photo."

"Pas plus tard qu'il y a deux semaines, j'étais dans ma voiture avec lui, ajoute un de ses proches. Il avait l'air triste et un peu bizarre, mais c'est tout." Bertrand Nzohabonayo n'aurait jamais crié "Allahou akbar" alors que les policiers tentaient de le faire entrer dans le commissariat, selon des jeunes de son quartier.

Les trois membres des forces de l'ordre blessés dans l'incident maintiennent néanmoins leur version des faits. Selon leur témoignage, le jeune homme a crié "Allahou akbar", "jusqu'à son dernier souffle", rapporte Le Parisien.