Faut-il s’inquiéter pour la sécurité de la manifestation parisienne de dimanche ?

Plusieurs experts s'inquiètent pour la sécurité de la manifestation prévue dimanche dans la capitale, après les attentats de cette semaine.

Un rassemblement en hommage aux victimes de l\'attentat qui a visé \"Charlie Hebdo\", le 7 janvier 2015, place de la République, à Paris. 
Un rassemblement en hommage aux victimes de l'attentat qui a visé "Charlie Hebdo", le 7 janvier 2015, place de la République, à Paris.  (CHRISTOPHE HEROU / CITIZENSIDE / AFP)

De très nombreux Français défileront dimanche 11 janvier à Paris aux côtés de Angela Merkel, David Cameron, Mariano Rajoy, Matteo Renzi, Jean-Claude Juncker et François Hollande. Ils participeront à la "marche républicaine" en hommage aux victimes des attentats terroristes des trois derniers jours : journalistes, policiers, employés et clients d'un magasin casher...

Une manifestation sans précédent dans la capitale. Au vu des derniers événements, des "moyens de sécurité massifs" seront mis en place, a assuré, vendredi, le Premier ministre. Tous les partis, à l'exception du FN (qui s'estime "exclu") et de très nombreuses organisations ont appelé à manifester. Le plan Vigipirate est maintenu à son niveau maximum en Ile-de-France, c'est-à-dire en "alerte attentat" (plus de 9 000 policiers, gendarmes, ou militaires, ont été mobilisés dans ce cadre en Ile-de-France). "Nous sommes, compte tenu du contexte, exposés à des risques, il est donc important que le plan Vigipirate, qui a été rehaussé dans la région Ile-de-France et qui fait l'objet de mesures particulières sur le reste du pays soit conforté au cours des prochaines semaines", a expliqué samedi le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

"Les dispositions seront prises pour qu'elle puisse se passer dans les meilleures conditions. Il faut assurer la complète sécurité, la totale sécurité de ce cortège", rassure le directeur général de la police nationale, Jean-Marc Falcone, sur Europe 1. Le ministre de l'Intérieur précisera, samedi après-midi, le détail du dispositif de sécurité, ainsi que le nombre de membres des forces de l'ordre mobilisé.

"Tous les suspects n'ont peut-être pas été identifiés "

Toutefois, plusieurs experts s'inquiètent des risques que ce rassemblement entraîne. "Le degré de risque d’une telle manifestation est peut-être inédit dans l’histoire vu le contexte actuel. Même si les forces de police ont une certaine habitude des manifestations, et que la présence de chefs d’Etats étrangers permettra de se coordonner avec des services de sécurité supplémentaires, ce sera difficile d’en vouloir à ceux qui réfléchissent à deux fois avant d’y aller, notamment en famille", indique à 20 Minutes Xavier Latour, professeur de droit à l’université de Nice (Alpes-Maritimes) et spécialiste de la sécurité.

Des membres du pôle antiterroriste du palais de justice de Paris redoutent aussi un "baroud d'honneur" de l'un des membres du réseau auteur des attentats de ces derniers jours. "C'est un vrai problème. Vu le contexte et sachant que tous les suspects n'ont peut-être pas été identifiés, la décision de maintenir cette manifestation laisse perplexe. Il eût peut-être été plus sage de reporter cet événement de quelques jours", dit-il au Figaro

"Les autorités mobiliseront tous les moyens nécessaires, estime Xavier Latour. Je pense à la vidéoprotection dans les transports en commun, la surveillance mobile le long du cortège, et embarquée par hélicoptère. Mais personne ne peut garantir la sécurité des participants à 100% dimanche." 

"Il ne faut pas céder à la psychose"

 "Il ne faut pas céder à la psychose, la journée d'hier a montré que nous pouvions faire face. Les conditions de sécurité seront renforcées", a assuré Pierre-Henri Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur, sur France Info

En raison de l'affluence, trois parcours distincts ont été choisis, par le boulevard Voltaire, par Bastille et par l'avenue Philippe-Auguste pour rejoindre la place de la Nation. L'ensemble des transports en commun en Ile-de-France seront gratuits dimanche. Les Franciliens sont invités "à privilégier les transports en commun afin de faciliter l'accès à Paris et de permettre le bon déroulement de la marche", précise Jean-Paul Huchon, président de la région lle-de-France.