Affaire Théo : cette expertise médicale ne va pas atténuer "le fait qu'il a reçu un coup qui a entraîné des lésions extrêmement graves", réagit l'avocat du jeune homme

"Quand je lis que la police aurait bien fait son travail, je suis choqué" a réagi samedi l'avocat de Théo après qu'une expertise médicale a montré que la matraque du policier d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) n'a jamais pénétré l'anus du jeune homme.

(FRANCOIS GUILLOT / AFP)

La dernière expertise médicale dans l'affaire Théo, dont France Inter a révélé les conclusions, "ne va pas atténuer le fait qu'il a reçu un coup dans la région de l'anus qui a entraîné des lésions extrêmement graves et gravissimes", a réagi Me Antoine Vey, l'un des avocats du jeune homme sur franceinfo samedi 17 février. Les experts estiment que la matraque télescopique utilisée par le policier d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) lors de l'arrestation de Théo, le 2 février 2017, n'a jamais pénétré l'anus du jeune homme.

Même si le jeune homme a été gravement blessé, ces résultats d'expertise devraient entraîner un changement de qualification dans ce dossier où le policier est mis en examen pour viol.

Quand je lis dans certains articles que la thèse du viol serait totalement exclue, que la police aurait très bien fait son travail, je suis proprement choqué, et mon client est proprement scandalisé.Me Antoine Vey, l'un des avocats de Théoà franceinfo

"On n'est pas du tout en train de discuter qu'il n'y a pas de pénétration effective de la matraque", a ajouté l'avocat de Théo. "Mon client a saigné de manière abondante sur la scène des faits, a-t-il rappelé. Il a saigné de manière abondante dans la voiture de police qui l'a conduit non pas jusqu'à l'hôpital mais jusqu'au commissariat où il a continué à saigner de manière abondante, et le sang qui était le sien provenait de cette région-là." Selon cette expertise médicale, le coup a été porté juste à côté, déchirant le sphincter du jeune homme sur près de 10 centimètres.

Enquête bientôt terminée

Une deuxième expertise médicale, que France Inter a également pu consulter, conclut également que le coup de matraque porté par le policier n’était "pas contraire aux règles de l’art", ce qui pourrait également conduire à une requalification des faits.

Cela pourrait amener la juge d'instruction à finalement ne pas poursuivre le brigadier, si elle estime que l'usage de la matraque s'est produit après que Théo s'est rebellé, qu'il y a eu une bagarre et qu'il a refusé par la suite de se laisser menotter.

La juge chargée de ce dossier devrait clore son enquête la semaine prochaine. L'avocat du brigadier, mis en examen pour viol il y a un an, n'a pas souhaité réagir.