Le cauchemar des voisins de Merah continue, quatre mois après l'assaut du Raid

TOULOUSE - Fissures dans les murs, appartement inondé… Les dégâts entraînés par l'intervention contre le tueur de Toulouse n'ont toujours pas été remboursés aux habitants de l'immeuble.

Les habitants du 17 rue du Sergent-Vigné, à Toulouse, attendent toujours la rénovation de leurs appartements.
Les habitants du 17 rue du Sergent-Vigné, à Toulouse, attendent toujours la rénovation de leurs appartements. (REMY GABALDA / AFP)

Plus de quatre mois après l'assaut contre l'appartement de Mohamed Merah, ses anciens voisins ont le sentiment d'avoir été abandonnés. Ils n'ont pas reçu un euro de la part de l'Etat ou de la justice après les dommages collatéraux qu'ils ont subis lors de l'intervention du Raid. Ces propriétaires du 17 rue du Sergent-Vigné, à Toulouse, ont donc monté un collectif début avril pour défendre leurs intérêts, le Comité 17, rapporte Le Canard enchaîné dans son édition datée du mercredi 1er août.

Réveillés en pleine nuit le 21 mars par les échanges de tirs entre Mohamed Merah et les policiers du Raid, les membres des 29 familles de cet immeuble de quatre étages vivent une "nuit d'enfer". Sans informations, couchés au sol, prostrés dans une pièce, pour certains sans électricité… Ils ne seront évacués que huit heures et demie plus tard. Après cette longue nuit, les voisins de Mohamed Merah pensent leur calvaire terminé. Mais ils découvrent alors l'étendue des dégâts.

"On nous traite comme un dégât des eaux"

L'appartement du rez-de-chaussée est inondé car les hommes du Raid ont fait exploser les canalisations du logement de Mohamed Merah, qui se trouve juste au-dessus. D'autres voisins ont constaté des fissures dans leurs murs, conséquences des déflagrations des grenades. Impacts de balles sur les voitures, tuyauterie de radiateur arrachée, trous dans la porte… Sans compter le préjudice, la facture des dégâts pourrait s'avérer très élevée.

Mais depuis quatre mois, les propriétaires sont baladés de réunion en réunion chez le maire et le préfet. Assurances et préfecture se renvoient la balle. Seules les réparations extérieures ont été effectuées : la façade de l'immeuble, criblée de balles, a été rénovée et les vitres remplacées. Mais pour l'intérieur des appartements, "on nous traite comme un dégât des eaux", explique un membre du Comité 17 à l'hebdomadaire satirique.

Sept personnes indemnisées, selon la mairie de Toulouse

La mairie de Toulouse a réagi, jeudi 2 août, sur Europe 1. Romain Cujives, conseiller municipal, assure ainsi que la ville a déjà avancé l'argent pour réhabiliter des appartements de l'immeuble ravagé lors de l'assaut du Raid.

"Nous avons déjà commencé à le faire. Sept personnes ont déjà reçu une aide financière", précise-t-il, notant être "face à un événement exceptionnel" qui ralentit les procédures.