Benjamin Brafman et William Taylor ont assuré mardi qu'ils oeuvraient pour assurer à leur client "un procès équitable"

Dans un communiqué, les avocats de Dominique Strauss-Kahn ont contesté les critiques surgies "en France, évoquant une stratégie de défense qui consisterait à salir la plaignante".Les médias français ont évoqué des détectives engagés par la défense pour fouiller dans le passé de la femme de chambre qui accuse DSK de viol, afin de la discréditer.

Benjamin Brafman et William Taylor, les avocats de Dominique Strauss-Kahn, à New York (15/05/2011)
Benjamin Brafman et William Taylor, les avocats de Dominique Strauss-Kahn, à New York (15/05/2011) (AFP / Emmanuel Dunand)

Dans un communiqué, les avocats de Dominique Strauss-Kahn ont contesté les critiques surgies "en France, évoquant une stratégie de défense qui consisterait à salir la plaignante".

Les médias français ont évoqué des détectives engagés par la défense pour fouiller dans le passé de la femme de chambre qui accuse DSK de viol, afin de la discréditer.

Le communiqué publié mardi par Me Benjamin Brafman et Me William Taylor s'adresse principalement aux médias français.

Les deux hommes s'élèvent aussi contre l'allusion, parue dans des médias français, aux "moyens financiers" de l'ancien patron du FMI, qui permettraient à ses avocats "de manipuler le système judiciaire pour arriver à un résultat favorable".

"C'est faux", écrivent-ils. "Le système judiciaire aux Etats-Unis diffère du système français en ce qu'il n'existe pas de 'juge d'instruction' indépendant qui enquête (à charge et à décharge, ndlr) et fournit aux avocats les résultats de cette enquête", écrivent-ils dans le communiqué où le terme "juge d'instruction" apparaît en français. "Aux Etats-Unis, un avocat de la défense doit conduire sa propre enquête sur les faits, de façon à représenter efficacement son client et à se préparer pour un procès", précisent-ils.

Pour préparer le procès, dont la date n'a pas encore été fixée, les avocats de l'ancien ministre français ont demandé début juin au procureur de leur fournir des éléments sur tout témoin de l'accusation. Parmi ces éléments, la présence de "handicaps mental ou physique, troubles émotifs, dépendance à la drogue ou à l'alcool".

Montrant clairement que leur cible était bien la victime présumée, ils ont réclamé tout élément sur l'éventuelle situation irrégulière aux Etats-Unis de ces témoins, et s'ils prévoient de réclamer des dommages et intérêts au civil. "Même si l'accusation fournit à la défense certains résultats de son enquête avant le procès, elle ne fournit pas tous les éléments nécessaires à la défense de l'accusé, et souvent elle interprète ces éléments de façon différente", lit-on dans le document. "Un avocat aux Etats-Unis ne peut pas se contenter des preuves fournies par le procureur, il doit conduire sa propre enquête distincte."

Dominique Strauss-Kahn "n'est pas différent de tout autre accusé dans le système judiciaire américain (...) Nous sommes certains qu'il aura un procès équitable" et "continuons à croire qu'il sera reconnu innocent", concluent les deux avocats.

Le 6 juin, l'ancien patron du FMI, arrêté le 14 mai, et qui se trouve actuellement en résidence surveillée à New York, a plaidé non coupable des sept chefs d'accusation prononcés à son encontre par le tribunal pénal de Manhattan, ouvrant ainsi la voie à la tenue d'un procès public. Son prochain rendez-vous avec la justice a été fixé au 18 juillet pour une audience préliminaire.