Meurtre de Sarah Halimi : la juge d'instruction retient le caractère antisémite

Cette femme de confession juive de 65 ans avait été tuée en avril 2017 à Paris. Le juge d'instruction a décidé de retenir le caractère antisémite dans cette affaire, a appris mardi franceinfo de source judiciaire.

La Palais de Justice de Paris, le 24 janvier 2018.
La Palais de Justice de Paris, le 24 janvier 2018. (AFP)

La juge d'instruction a retenu mardi 27 février le caractère antisémite du meurtre de Sarah Halimi, cette femme de confession juive de 65 ans tuée en avril dernier à Paris, a appris franceinfo de source judiciaire ce mardi. C'est ce que demandaient les parties civiles et le parquet de Paris.

"Allah Akbar"

Le 4 avril dernier, un homme s'était introduit chez sa voisine du dessus, qu'il avait rouée de coups sur le balcon, accompagnant ses gestes des cris de "Allah akbar", d'insultes et de versets du Coran. Le jeune homme avait ensuite précipité la sexagénaire dans la cour, avant de hurler : "J'ai tué le sheitan" (démon en arabe). Il avait été mis en examen le 10 juillet pour meurtre.

Mieux vaut tard que jamais. Cette évidence vient d'être reconnue.Gilles-William Goldnadel, l'avocat de la famille de Sarah Halimià franceinfo

"Il était évident que dès l'instant où vous avez un islamiste qui tue quelqu'un en criant 'Allah Akbar', alors qu'il connaissait la judéité de cette personne, il fallait vraiment ne pas accepter la dure réalité en niant le caractère totalement antisémite de cette affaire", a expliqué Me Goldnadel sur franceinfo.

"Cela ne fera pas revenir malheureusement Sarah Halimi, mais malgré tout poser un diagnostic, poser les choses clairement, a poursuivi l'avocat de la famille de Sarah Halimi, cela a tendance, un tout petit peu, à atténuer ce qui était pour nous une sorte de déni. C'était un pas qu'il fallait franchir. Il vient enfin d'être franchi."

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Le suspect, Kobili T., 27 ans, est également mis en examen pour "séquestration sans libération volontaire avant le septième jour" au préjudice de la famille chez qui il s'était introduit avant de défenestrer sa victime présumée.

Interrogé après les faits, Kobili T. a contesté, selon la source jointe par franceinfo, tout caractère antisémite à son geste. Selon les résultats d'une expertise psychiatrique, il peut être jugé devant une cour d'assises