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Meurtre de Sarah Halimi : le parquet demande que le caractère antisémite soit retenu

Le parquet a fait cette demande au vu de "l'expertise psychiatrique" et "des premiers éléments de la commission rogatoire remis par les enquêteurs".

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Des centaines de personnes se sont réunies, le 9 avril 2017, pour rendre hommage à Sarah Halimi, morte à Paris quelques jours avant. (ALPHACIT NEWCIT / CITIZENSIDE / AFP)

Le parquet de Paris a demandé à la juge chargée de l'enquête sur le meurtre de Sarah Halimi que le caractère antisémite soit retenu. Le parquet a fait cette demande, mercredi 20 septembre, au vu de "l'expertise psychiatrique" et "des premiers éléments de la commission rogatoire remis par les enquêteurs", a-t-il précisé.

Dans la nuit du 3 au 4 avril, Kobili Traoré s'était introduit chez sa voisine de 65 ans, au troisième étage d'un immeuble HLM du quartier populaire de Belleville (Paris). Aux cris d'"Allah Akbar", entrecoupés d'insultes et de versets du Coran, il l'avait rouée de coups sur le balcon, avant de la précipiter dans la cour. "J'ai tué le sheitan" ("le démon", en arabe), avait hurlé le jeune homme, mis en examen le 10 juillet pour homicide volontaire.

>> RECIT FRANCEINFO. Meurtre de Sarah Halimi : autopsie d'un fait divers devenu une affaire d'Etat

Dans le rapport d'expertise psychiatrique du suspect, rendu début septembre, le psychiatre Daniel Zagury estimait que le trouble dont souffrait Kobili Traoré, 27 ans, pris d'une "bouffée délirante aiguë" après une forte consommation de cannabis, n'était "pas incompatible avec une dimension antisémite".

"Le fait qu'elle soit juive l'a immédiatement diabolisé et a amplifié le vécu délirant, a focalisé sur sa personne le principe diabolique qu'il fallait combattre et a provoqué le déferlement barbare dont elle a été la malheureuse victime", écrivait le psychiatre dans son rapport.

"Aucun meurtrier antisémite ne doit échapper à sa responsabilité pénale"

Le Consistoire central israélite de France avait rapidement réagi après cette publication. L'instance représentative du culte juif avait estimé que "rien ne [s'opposait] plus désormais à ce que le procureur de la République de Paris dépose un réquisitoire supplétif pour rajouter à la mise en examen initiale du prévenu la circonstance aggravante d'antisémitisme".

"C'est avec soulagement que la communauté juive accueille ce rapport d'expertise qui vient confirmer notre certitude et conforter la conviction qu'aucun meurtrier antisémite ne doit échapper à sa responsabilité pénale, ni bénéficier de circonstance atténuante non justifiée", concluait le Consistoire dans un communiqué.

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