Affaire Grégory: la décision sur la validité de la garde à vue de Murielle Bolle mise en délibéré au 16 janvier prochain

Cette décision pourrait avoir comme conséquence de faire disparaître du dossier non seulement les accusations de Murielle Bolle à l'encontre de Bernard Laroche, mais aussi toute l'ossature de cette enquête vieille de 35 ans.

Murielle Bolle le 3 novembre 1993, lors du procès à Dijon de Jean-Marie Villemin accusé du meurtre de Bernard Laroche. 
Murielle Bolle le 3 novembre 1993, lors du procès à Dijon de Jean-Marie Villemin accusé du meurtre de Bernard Laroche.  (Gérard CERLES / AFP)

Une audience à huis clos s'est tenue mercredi 18 décembre devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris appelée à se prononcer sur la validité de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans le cadre de l'affaire Grégory. La décision sera rendue le 16 janvier prochain par la cour d'appel de Paris, a appris franceinfo de sources concordantes.

Les parents du petit Grégory espèrent toujours la vérité

Selon les informations recueillies par franceinfo, l'avocat général a requis lors de cette audience, l'annulation de la garde à vue de la jeune fille, mais en conservant au dossier les déclarations qu'elle avait faites aux gendarmes, début novembre 1984, lorsqu'elle était entendue comme simple témoin, avant d'être placée en garde à vue. L'avocat général a également requis de conserver au dossier l'interrogatoire mené quelques jours plus tard par le juge d'instruction Jean-Michel Lambert.

Les avocats de Murielle Bolle ont, quant à eux, plaidé l'annulation complète de la garde à vue, mais aussi des 198 actes qui en découlent, dont l'interrogatoire mené par le juge d'instruction Jean-Michel Lambert, dans laquelle la jeune fille rousse (à l'époque) confirme ses accusations à l'encontre de son beau-frère Bernard Laroche, qui a, selon elle, kidnappé Grégory Villemin, l'enfant de 4 ans retrouvé quelques heures plus tard mort, pieds et mains attachés, dans les eaux de la Vologne.

Murielle Bolle était par la suite revenue sur ses déclarations, afin d'innocenter Bernard Laroche. Elle n'a jamais plus changé de version depuis, assurant même avoir accusé son beau-frère sous la contrainte des gendarmes. Bernard Laroche a été abattu par le père du "petit Grégory", Jean-Marie Villemin, en 1985.

Une décision cruciale

La décision de la cour d'appel de Paris sera cruciale dans cette affaire, et pourrait avoir comme conséquence de faire disparaître du dossier non seulement les accusations de Murielle Bolle à l'encontre de Bernard Laroche, mais aussi toute l'ossature de cette enquête vieille de 35 ans.

Ces débats très techniques, lors de l'audience à huis clos, sont la conséquence d'une décision de la Cour de cassation, datant de février dernier. Elle a jugé la garde à vue de Murielle Bolle, en 1983, inconstitutionnelle, notamment parce que Murielle Bolle avait été interrogée sans la présence d'un avocat et sans qu'on lui notifie son droit à garder le silence.

De leur côté, les parents du petit Grégory espèrent toujours connaître la vérité. Ils attendent et espèrent, une fois la décision de la cour d'appel de Paris rendue, en janvier prochain, que les investigations puissent reprendre dans cette enquête interminable, l'une des plus énigmatiques de l'histoire criminelle de France.

Une enquête qui a avait été relancée en juin 2017 quand le grand-oncle et la grande-tante de l'enfant - les époux Jacob qui n'avaient jamais été inquiétés auparavant - et Murielle Bolle avaient été mis en examen. Des mises en examen depuis annulées pour des vices de procédure.