Affaire Grégory : l'avocat de Murielle Bolle exprime sa "consternation" après la mort du juge Lambert

Pour l'avocat de Muriel Bolle, Jean-Paul Teissonnière, le juge Lambert, retrouvé mort mardi soir, va "cruellement manquer" car il était "un témoin essentiel des premiers mois de l'enquête" dans l'affaire Grégory. 

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franceinfo

Jean-Paul Teissonnière, avocat de Muriel Bolle, a fait part, mercredi 12 juillet, sur franceinfo, de son sentiment de "consternation" au lendemain de la mort de Jean-Michel Lambert, premier juge d'instruction en charge de l'affaire Grégory. Pour lui, "le juge Lambert restait un témoin essentiel des premiers mois de l'enquête". "Au moment où on revient sur ces premiers mois de l'enquête pour les réexaminer, il aurait pu fournir un témoignage essentiel sur ce qui s'était passé pendant les semaines pendant lesquelles Muriel Bolle a notamment été entendue par les gendarmes", a-t-il expliqué.

Le juge Lambert avait un "regard lucide" sur ses erreurs

"Le juge Lambert s'est trompé, a regretté Me Teissonnière. Il a commis des erreurs, il n'a pas surveillé son enquête, (...) mais il a su garder ensuite un regard lucide sur ses erreurs, il les reconnaissait. Ce regard lucide qui aurait pu être celui d'un témoin, aujourd'hui, va cruellement nous manquer pour la suite." 

Me Jean-Paul Teissonnière comptait d'ailleurs faire témoigner le juge Lambert pour clarifier les circonstances dans lesquelles Muriel Bolle a témoigné puis s'était rétractée. "Un des points essentiels, qui est examiné par les juges, est de savoir si Murielle Bolle avant sa rétractation, le 6 novembre 1984, a fait l'objet de pression, voire même de violences, a-t-il indiqué. Un témoin ancien, aujourd'hui décédé, évoque même le visage tuméfié qu'elle aurait eu à la suite de la journée du 5 novembre, à la veille de ses rétractations. Le juge Lambert avait rencontré Murielle Bolle le 5 et le 6 novembre. Et dans ses procès-verbaux jamais il n'a décrit quelqu'un qui aurait subi des violences et qui aurait eu le visage tuméfié. Il était essentiel qu'il vienne rappeler que Murielle Bolle était dans un état normal."

Les "inquiétants" carnets du juge Simon

La mort du juge Lambert intervient quelques jours après la publication des carnets du second juge d'instruction sur l'affaire Grégory, le juge Simon. Il remettait violemment en cause l'instruction du juge Lambert. "Ils sont écrits par quelqu'un qui a commis des erreurs bien plus terribles que celles commises par le juge Lambert", a-t-il réagi. Selon lui, "les carnets du juge Simon sont extrêmement inquiétants. C'est un document effrayant."

La mort du juge Lambert intervient alors que l'affaire Grégory a connu un nouveau rebondissement il y a moins d'un mois, pratiquement 33 ans après l'assassinat de l'enfant. A la mi-juin, Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, ont été interpellés. Soupçonnés d'être les "corbeaux" de l'affaire et mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, les deux septuagénaires, jamais inquiétés jusqu'alors, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire strict. Le 29 juin, Murielle Bolle a été mise en examen pour enlèvement suivi de mort, et placée en détention.

Jean-Paul Teissonnière, l\'avocat de Murielle Bolle dans l\'affaire Grégory. 
Jean-Paul Teissonnière, l'avocat de Murielle Bolle dans l'affaire Grégory.  (JEAN-CHARLES OLE / MAXPPP)