Trente radiations pour pédophilie dans l'Education nationale en 2016

Le nombre de radiations pour des cas de pédophilie ou pédopornographie était de 27 en 2015 et de 19 en 2014.

Un gendarme devant un collège, à l\'occasion de la rentrée scolaire, le 31 août 2016. 
Un gendarme devant un collège, à l'occasion de la rentrée scolaire, le 31 août 2016.  (MAXPPP)

L'Education nationale a procédé à 30 radiations liées à des cas de pédophilie ou pédopornographie en 2016, contre 27 en 2015, annonce le ministère jeudi 23 février. Plus de 850 000 agents de la fonction publique exercent au sein de l'Education nationale auprès de mineurs. 

Au total, en incluant les "fautes graves", 41 radiations ont été prononcées en 2016 dans l'enseignement public et privé, dont 16 en primaire et 25 dans le secondaire, indique le ministère. Ce bilan inclut "quelques cas d'enseignants radicalisés révoqués", précise un porte-parole, sans autre détail.

Le nombre de radiations pour des affaires de mœurs (avec des faits qui ne se sont pas forcément produits dans un cadre scolaire) était de 27 en 2015, 19 en 2014, 26 en 2013 et 15 en 2012, rappelle la rue de Grenelle.

Des référents au sein des parquets et des rectorats

L'Education nationale a été secouée en mars 2015 par l'affaire de Villefontaine, avec la mise en examen du directeur d'une école maternelle pour des viols sur ses très jeunes élèves. Radié quelques jours après, il s'était suicidé en détention en avril 2016. Dans cette affaire, l'enseignant avait été condamné en 2008 pour recel d'images pornographiques, mais il avait continué d'exercer – après un long congé maladie –, l'Education nationale n'ayant pas été informée des faits.

Après ce scandale, Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira, alors ministre de la Justice, avaient mis en place des référents au sein des parquets et rectorats pour fluidifier la transmission d'informations. Une loi dite "de Villefontaine" oblige désormais le procureur de la République à informer l'administration des condamnations et de certaines mesures de contrôle judiciaire prononcées à l'encontre des personnes exerçant une activité en contact avec des mineurs, notamment pour des infractions sexuelles.

Les casiers de 350 000 agents ont été vérifiés

Le ministère de l'Education a aussi décidé de passer au peigne fin les casiers judiciaires de ses agents, pour s'assurer qu'il ne reste pas dans les classes des enseignants condamnés pour des faits de mœurs ou de violences, sans qu'il ne le sache. A ce stade, ont été vérifiés les casiers de 363 745 agents dans douze académies, ce qui a permis de détecter dix condamnations "mettant en cause des faits de mœurs ou de violences concernant des mineurs, ou de mœurs sur majeurs", précise le ministère.

Parmi ces dix cas, deux agents ont été révoqués. Deux exclusions temporaires de fonctions pour une durée maximale de deux ans ont été décidées à la suite de "condamnations pour des faits de mœurs concernant des majeurs". Les six autres agents ont été suspendus et la procédure disciplinaire est en cours. Les consultations des casiers se poursuivront dans les 18 autres académies jusqu'en décembre 2017.