Violences urbaines : "La colère ne justifie en rien les dégradations et la mise en danger d'autrui", dénonce le vice-président d'Île-de-France Mobilités

Grégoire de Lasteyrie lance un appel au calme. "On ne peut pas continuer à avoir des services publics qui partent en fumée".
Article rédigé par franceinfo
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Grégoire de Lasteyrie, maire de Palaiseau, vice-président d'Île-de-France Mobilités, mars 2015. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"La colère que l'on peut entendre ne justifie en rien les dégradations graves, la mise en danger d'autrui", a réagi vendredi 30 juin sur franceinfo Grégoire de Lasteyrie, maire de Palaiseau, vice-président d'Île-de-France Mobilités, alors que de nombreux bus ont été dégradés cette nuit en réaction à la mort de Nahel, 17 ans, tué mardi par un policier lors d'un contrôle routier à Nanterre.

>> Mort de Nahel : nouvelle nuit de violences dans plusieurs villes suivez le direct

franceinfo : Quelle est la situation ?

Grégoire de Lasteyrie : On a eu plusieurs dépôts de bus qui ont subi des attaques cette nuit. Une douzaine de bus ont été incendiés au dépôt d'Aubervilliers, 14 au dépôt de Provins, dans d'autres dépôts il y a eu des intrusions et des dégâts, notamment sur la voie publique. Aujourd'hui, la plupart des réseaux de bus sont en exploitation mais cela ne veut pas dire que tous les bus roulent parce qu'on a des secteurs qui sont déviés. On n'a pas de trams qui ont brûlé cette nuit, contrairement à la nuit précédente, mais ils ne roulent pas tous parce qu'on a des réseaux obstrués, des rails qui sont jonchées d'éléments sur les voies.

Que pensez-vous de ces actions ?

C'est un déferlement de violence qui est inacceptable parce que ce sont les services publics qui sont touchés, celles et ceux qui vont travailler ce matin, qui vont étudier, et qui ne vont pas pouvoir y aller ou mettre une heure de plus. La colère que l'on peut entendre ne justifie en rien les dégradations graves, la mise en danger d'autrui.

La réponse du gouvernement est-elle à la hauteur ?

Sur l'ensemble du territoire français les forces de l'ordre sont mobilisées, surmobilisées, des effectifs ont été rappelés. Cela n'a pas empêché de nombreux endroits d'être dégradés. Je veux lancer un appel au calme, on ne peut pas continuer à avoir des services publics qui partent en fumée. Un bus c'est plus de 300 000 euros, un tram c'est plus de 4 millions d'euros. Île-de-France Mobilités sera au rendez-vous de la reconstruction mais ces sommes ne seront pas utilisées pour autre chose et c'est dommage.

Jeudi, les bus et tramways ne circulaient plus à partir de 21 heures. Quel a été l'intérêt de cette décision ?

Cela n'a pas mis la vie des usagers et des conducteurs en danger.

"Avant-hier, on a eu quelqu'un qui est rentré dans un tram avec un cocktail Molotov, qui a brûlé le tram alors que des usagers et le conducteur étaient à l'intérieur."

Grégoire de Lasteyrie, vice-président d'Île-de-France Mobilités

à franceinfo

Le fait d'avoir arrêté les trams et bus hier soir a fait que l'on ne s'est pas retrouvé dans cette situation-là. Il y a de gros dégâts matériels mais ce n'était pas des bus avec des usagers à l'intérieur. Je suis favorable à la reconduction de cette mesure pour ce soir.

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