Témoignage Violences urbaines après la mort de Nahel : "Ils voulaient vraiment nous tuer", raconte un policier qui est intervenu cette nuit en Île-de-France

Après la mort d'un adolescent, tué lors d'un contrôle routier dans les Hauts-de-Seine, des violences urbaines ont éclaté. Des commissariats, des mairies et lieux publics ont été pris pour cible. "On sait qu'on va retourner se faire tirer dessus", raconte sur franceinfo un policier.
Article rédigé par David Di Giacomo, France Info
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Dans la nuit de mercredi à jeudi, il y a eu 159 interpellations. 133 policiers et gendarmes ont été blessés lors des violences urbaines suite à la mort de Nahël. (ZAKARIA ABDELKAFI / AFP)

Une nouvelle nuit de violences urbaines. Après la mort de Nahel, cet adolescent de 17 ans tué par un tir d'un policier lors d'un contrôle routier, mardi à Nanterre (Hauts-de-Seine), plusieurs villes de la région parisienne s'embrasent. Au total, dans la nuit de mercredi à jeudi, il y a eu 159 interpellations, 133 policiers et gendarmes ont été blessés, 27 locaux de police ont été attaqués et 22 bâtiments publics, dont 8 mairies, ont été incendiés ou dégradés. 

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Une situation inédite pour Nicolas*, policier depuis quinze ans : "Ils voulaient vraiment nous tuer. C'est le sentiment que j'ai eu, et que mes collègues ont eu. Ils étaient prêts à tout pour s'en prendre à tout pour nous atteindre physiquement", raconte-t-il à franceinfo.

Le témoignage de Nicolas, policier, au micro de David Di Giacomo

Une colère qui monte durant l'après-midi

Ce brigadier-chef de 39 ans dit avoir senti monter la colère dès la fin de l'après-midi, mercredi : "Les esprits se sont échauffés, les réseaux sociaux n'ont pas aidé. Les jeunes des cités se sont réunis à la fin des cours. Puis il y a eu des barricades, des feux de poubelles à droite, à gauche. Ça a commencé petit à petit. Et on l'a senti arriver".

Ce policier raconte également comment lui et ses collègues ont dû compter avec des problèmes logistiques. Pendant leurs interventions, ils se sont rendu compte qu'ils n'avaient "plus de munitions", ces agents ont dû aller en chercher dans d'autres commissariats. "C'était vraiment compliqué, on n'avait plus de grenades de désencerclement, ajoute-t-il. On ne pouvait plus garder à distance les individus. Il a fallu aller dans un autre commissariat. C'était vraiment très compliqué, d'autant que plusieurs lieux publics ont été pris pour cible : des commissariats, la prison de Fresnes, des magasins, des lieux de fêtes ou dédiés aux jeunes ont été visés. Tout était visé", détaille-t-il.

Une nouvelle soirée compliquée

Le brigadier-chef a travaillé une bonne partie de la nuit et s'attend à une nouvelle soirée compliquée : "On sait qu'on va retourner se faire tirer dessus, avec des mortiers, des cocktails Molotov, des grenades... On profite du peu de repos que l'on a avec notre famille et on sait que ce soir, c'est reparti. On espère avoir des munitions et de quoi se défendre, en espérant que ce soit plus calme que la veille, et que justice se fasse. Tout brûler, tout cramer, ça sert à rien", appelle-t-il.

Ce jeudi soir, 5 000 policiers et gendarmes seront déployés en région parisienne, 40 000 agents des forces de l'ordre au total seront déployés à travers toute la France.


*Le prénom a été modifié

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