Ce que l'on sait de l'accident entre une voiture et un train qui a tué une femme et trois enfants sur un passage à niveau dans la Marne

Les quatre occupants de la voiture, tués sur le coup, sont une assistante maternelle, sa fille de 10 ans et deux autres enfants, âgés de 3 et 1 an.

Le passage à niveau de la gare d\'Avenay-Val-d\'Or (Marne).
Le passage à niveau de la gare d'Avenay-Val-d'Or (Marne). (GOOGLE MAPS)

Les quatre occupants d'une voiture sont morts après une collision avec un train au passage à niveau d'Avenay-Val-d'Or (Marne), lundi 15 juillet dans la matinée. Les victimes sont une assistante maternelle, sa fille de 10 ans et deux autres enfants, âgés de 3 et 1 an, qu'elle gardait, a détaillé le procureur de la République de Reims.

"Aucun élément ne permet de savoir à cette heure pour quel motif le véhicule s'était engagé" sur le passage à niveau, a-t-il indiqué, mais il a confirmé qu'une des barrières était "enfoncée". Une enquête a été ouverte pour "homicide involontaire contre X". Voici ce que l'on sait pour l'instant de ce drame.

Que s'est-il passé ? 

Un TER qui venait d'Epernay et roulait vers Reims a percuté la voiture aux environs de 9h45 au passage à niveau à la sortie de la gare d'Avenay-Val-d'Or. Selon le procureur, le conducteur du train, entendu lundi matin, roulait à 118 km/h sur une portion limitée à 120 km/h, et un test d'alcoolémie s'est avéré négatif. "Choqué", il a déclaré n'avoir vu que "tardivement" le véhicule sur les voies. Malgré un freinage d'urgence, il "n'a pu s'arrêter que 400 m au-delà du point d'impact".

Le choc a été particulièrement violent et la voiture a été projetée à 50 mètres du passage à niveau. Les quatre occupants de la voiture sont morts sur le coup, a assuré le procureur.

Le passage à niveau était-il fermé ?

"Les signaux – sonores et lumineux – et le système de barriérage semblaient inviter à ne pas franchir le passage à niveau à l'approche d'un train", a affirmé le procureur de Reims lors de sa conférence de presse. Une des deux barrières, celle qui se trouvait en premier dans le sens de circulation de la voiture, fabriquée dans un "matériau souple", a été "enfoncée", a-t-il expliqué, "ce qui laisse supposer [...] que le véhicule aurait pu forcer le passage".

"Aucun élément ne permet de savoir à cette heure pour quel motif le véhicule s'était engagé", a indiqué le procureur.

Ce passage était-il considéré comme dangereux ?

La SNCF a réagi lundi après-midi en indiquant que le passage à niveau concerné n'était "pas dans la liste" des sites "sensibles". Le maire de la commune, Philippe Maussire, abonde dans le même sens : le passage à niveau "ne présentait pas de dangerosité exceptionnelle (...) il a toujours été entretenu, il n'y a aucun souci de ce côté-là". "Il y a eu une révision il y a quelques mois", a-t-il ajouté.

Cependant, lors de sa conférence de presse, le procureur a mentionné un témoignage qui pourrait suggérer un problème antérieur à l'accident. Ce témoin, qui avait franchi le passage à niveau dimanche, veille de l'accident, "aurait vu" une des barrières, celle qui se trouvait en premier dans le sens de circulation de la conductrice accidentée, "s'abaisser de manière intempestive".

Qui sont les victimes ?

Il s'agit d'une femme adulte, de sa fille de 10 ans, et de deux autres enfants âgés de 3 et 1 an, qu'elle gardait dans le cadre de son emploi d'assistante maternelle, a confirmé le procureur. Les deux plus jeunes enfants n'ont pas de lien de parenté entre eux, a-t-il ajouté. Une autopsie va être réalisée et les résultats d'une analyse de l'alcoolémie de la conductrice sont attendus.

Le conducteur du train, en état de choc, a été pris en charge par les pompiers et quatre passagers ont été légèrement blessés. Les usagers non blessés, une vingtaine, ont été accueillis dans la mairie, précise L'Union.

Quelle est la situation sur place ?

La zone a été bloquée à la circulation par les gendarmes dans cette commune entourée de vignes, précise France 3 Grand Est, et une cellule de crise a été mise en place. Le parquet a ouvert une enquête confiée à la brigade de recherche d'Epernay et à la section de recherche de Reims. Les techniciens en investigation criminelle de Châlons-sur-Marne et la cellule de numérisation des scènes de crime de Pontoise sont également mobilisés. Un hélicoptère de la section aérienne de Metz est sur place.

La circulation des trains entre Reims et Epernay a été détournée et les gares intermédiaires entre les deux villes sont desservies par autocar, précise la SNCF, qui prévient que le trafic ne reviendra pas à la normale avant mercredi. L'axe routier Avenay-Val-d'Or-Aÿ est perturbé et des déviations ont été mises en place.