Effondrement d'immeubles à Marseille : "Il y avait des signes de désordre évidents"

"Un arrêté de péril avait été pris et des travaux étaient en cours", affirme l'adjointe au maire de Marseille Arlette Fructus.

Les recherches se poursuivent dans les décombres, au lendemain de l\'effondrement des immeubles à Marseille.
Les recherches se poursuivent dans les décombres, au lendemain de l'effondrement des immeubles à Marseille. (AFP PHOTO / BMPM/SM / LOIC AEDO)

Ces immeubles étaient "anciens, fragiles, et il y avait des signes de désordre évidents", a réagi, mardi 6 novembre sur franceinfo, Arlette Fructus, adjointe au maire de Marseille en charge du logement, après l'effondrement de trois immeubles lundi à Marseille qui a fait, selon un bilan provisoire, un mort et deux blessés légers. 

franceinfo : Quelle est l'origine de cet effondrement ?

Arlette Fructus Je n'ai aucune idée assurée, mais ce que l'on sait, c'est que l'un des trois immeubles était sous la responsabilité de la société Marseille Habitat, qui avait acquis, au bout de dix ans de procédure, l'intégralité de l'immeuble. La société avait sécurisé cet immeuble, tout était fermé et des vérifications hebdomadaires étaient faites deux fois par semaine pour savoir s'il n'y avait pas d'occupation illégale. La dernière vérification a eu lieu mercredi dernier et nous étions en procédure conjointe avec l'immeuble n°67 pour déterminer les désordres qui pouvaient être causés par l'immeuble du milieu, le n°65, qui était occupé. On attendait le rapport d'experts pour évaluer la nature de ces désordres.

Deux des immeubles étaient à priori inhabités, le troisième avait fait l'objet de signalement. Des morceaux de façade tombaient dans la rue selon des riverains, est-ce que vous le confirmez ?

Ces immeubles avaient fait l'objet d'un signalement pour des désordres causés dans un appartement d'un des immeubles, au premier étage. Un arrêté de péril avait été pris et des travaux étaient en cours. Un précédent arrêté de péril avait aussi été pris pour un autre appartement en 2017.

Quelle était la nature de ces travaux ?

Des travaux de confortement sur des cloisons ont été faits et les occupants avaient pu réintégrer les lieux, il y a quelques semaines. On ne peut pas déterminer aujourd'hui quelle est la nature du désordre qui a causé cet effondrement. Quel immeuble a été à l'origine de l'effondrement, on est en incapacité de le dire, l'enquête nous le dira. Mais depuis hier matin, nous sommes sur le pont, mobilisés, parce que notre seule préoccupation est d'essayer de trouver des victimes, s'il y en a, et nous craignons fortement qu'il y en ait. Les accès du centre-ville sont très compliqués pour les grues. Nous pensons aussi que les fortes pluies que nous avons subies sont l'une des causes potentielles du sinistre, cela a pu fragiliser les fondations de ces immeubles. Ce sont des bâtiments anciens, fragiles et il y avait des signes de désordre évidents.