Ce que l'on sait de l'accident de TGV dans le Bas-Rhin qui a fait 22 blessés

Le conducteur du train est le plus gravement touché. Il a été héliporté, son pronostic vital n'est plus engagé.

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Radio France
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Une rame de TGV Colmar-Paris a déraille, jeudi 5 mars, entre Ingenheim et Saessolsheim (Bas-Rhin). (SDIS 67)

Un TGV assurant la liaison Colmar-Selestat-Strasbourg-Paris-Est a déraillé jeudi 5 mars vers 7h45 à hauteur d’Ingenheim (Bas-Rhin). La préfecture fait état de 21 blessés légers et d'un blessé plus grave, le conducteur du train qui souffre de plusieurs fractures, mais son pronostic vital n'est plus engagé. La circulation des trains a été déviée dans les deux sens, entraînant des retards. franceinfo récapitule la situation. 

Un choc soudain, vers 7h45

Après avoir quitté la gare de Strasbourg à 7h19, les 348 passagers du TGV ont ressenti un choc, à 7h45. Alors que le train roulait à 270 km/h, la motrice du train venait de percuter un obstacle sur la voie, entre Ingenheim et Saessolsheim, près de Saverne (Bas-Rhin). Après un freinage d'urgence, l'avant du TGV a glissé sur des cailloux, sur plusieurs dizaines de mètres, sans pour autant se renverser. Le TGV n'a pas complètement déraillé. Seule la motrice et les quatre premières voitures sont sorties des rails.

L'affaissement de talus responsable du déraillement d'un TGV Grand Est, jeudi 5 mars vers Saverne, dans le BasRhin. (SNCF)

Des photos diffusées par la SNCF montrent un gros morceau de talus qui s'est affaissé, obstruant une partie de la voie. La SNCF indique dans un communiqué que l'avant du TGV a quitté sa voie "à la suite d’un glissement de terrain très important et soudain". Le train a percuté cette masse de terre, endommageant la motrice.

La locomotive d'un TGV reliant Colmar-Strasbourg-Paris le 5 mars a déraillé en raison de l'affaissement d'un talus jouxtant la voie. (SNCF)

Une passagère a raconté à France Bleu Alsace qu'elle avait ressenti au moment de l'accident "un grand choc, comme si le train avait heurté quelque chose, le TGV a ensuite freiné très longuement. (...) On s'est tenue la main avec ma voisine, pour se rassurer toutes les deux". Un deuxième passager se souvient d'un moment "assez impressionnant, comme si on avait tapé quelque chose". Un témoin raconte à France 3 Grand Est que de nombreux cheminots se trouvaient dans la rame de tête : "Ils ont mis les gilets et pris les choses en main", raconte-t-il.

Un bilan de 22 blessés, dont un grave

Quelques minutes après le déraillement du TGV, une dizaine d'ambulances se sont rendues sur les lieux. Dans son dernier bilan, la préfecture du Bas-Rhin compte 22 blessés. Dans le détail, le conducteur du train est le plus gravement touché. Il a été héliporté, son pronostic vital n'est plus engagé. Franceinfo a appris de sources syndicales à la SNCF qu'il souffrait d'une fracture de la clavicule et de côtes cassées.

Parmi les autres blessés, la SNCF indique que le chef de bord a subi un traumatisme dorsal et a été pris en charge immédiatement. De plus, un voyageur est blessé au visage. La majorité des personnes prises en charges souffrent de blessures légères, ou ont été prises en charge après avoir été choquées par l'accident. 4 personnes ont dû être hospitalisées. Les 18 autres personnes blessées ont été examinées sur place et ont pu quitter le site, précise la préfecture du Bas-Rhin. 

Les passagers indemnes ont été reconduits à Strasbourg en bus. La préfecture du Bas-Rhin a activé le plan nombreuses victimes (NOVI) et un centre opérationnel départemental est également activé en préfecture pour coordonner les opérations de secours, rapporte France 3.

Une centaine de gendarmes mobilisés, plusieurs enquêtes ouvertes

Une centaine de gendarmes ont été mobilisés "pour sécuriser les lieux et faire les constatations nécessaires à l’enquête ouverte par le Parquet de Strasbourg", écrit la préfecture dans un communiqué. Une centaine de pompiers ont été mobilisés pour porter secours aux victimes.

Une rame de TGV Colmar-Paris a déraille, jeudi 5 mars, entre Ingenheim et Saessolsheim (Bas-Rhin). (SDIS 67)

Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire, a annoncé sur Twitter avoir saisi le BEA, le bureau d'enquêtes sur les accidents de transports terrestres. Une enquête interne de la SNCF a été déclenchée et l’Établissement public de sécurité ferroviaire a été saisi.

Le trafic des TGV retardé

Le trafic a été interrompu dans les deux sens sur la ligne LGV. La circulation des trains a été reportée sur la ligne classique Vendenheim-Baudrecourt. Sur son site internet, la SNCF annonce des retards de 30 à 40 minutes pour les TGV en direction de Paris, et jusqu'à une heure et demie de retard jeudi matin pour les TGV en provenance de Paris ou de Bruxelles. Pas d'incidence en revanche sur le trafic TER, rapporte France 3. "Des moyens de levage sont en cours d’acheminement pour évacuer le train par les rails. Le délai de rétablissement de la circulation sur les voies concernées est estimé à plusieurs jours par la SNCF", précise la préfecture du Bas-Rhin.

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