VIDEO. En colère, le député communiste André Chassaigne dénonce les "petits traficotages" de la majorité

A l'Assemblée, mercredi, l'élu s'est aussi dit "époustouflé par ces applaudissements massifs que l'on entend, quels que soient les propos plus ou moins sensés ou contradictoires qui peuvent être tenus".

Le député communiste André Chassaigne manifeste à Paris contre la réforme prévue du Code du travail, le 27 juin 2017.
Le député communiste André Chassaigne manifeste à Paris contre la réforme prévue du Code du travail, le 27 juin 2017. (CITIZENSIDE/PATRICE PIERROT / AFP)
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Les méthodes de la nouvelle Assemblée nationale, dominée à une forte majorité par les députés de La République en marche (LREM), commencent à exaspérer les élus de l'opposition. Et l'un des vétérans de l'Hémicycle, André Chassaigne (PCF), a dénoncé, tard dans la soirée mercredi 28 juin, "les petits traficotages" de la majorité pour obtenir tous les postes de vice-présidents. La scène a été filmée par la chaîne LCP.

"Chers collègues, j'ai quelques années d'expérience, peut-être trop, commence le député de la 5e circonscription du Puy-de-Dôme, en fonction depuis 2002. Mais je dirai que je suis assez époustouflé par le fonctionnement qu'on a aujourd'hui, par ces applaudissements massifs que l'on entend, quels que soient les propos plus ou moins sensés ou contradictoires qui peuvent être tenus."

"Est-ce que c'est ça la nouveauté ?" 

"Mais permettez-moi de vous le dire, Monsieur Ferrand [président du groupe La République en marche], l'intervention que vous venez de faire, en disant qu'il va falloir élire un nombre de vice-présidents pour une durée qu'on ne connaît pas, sous la réserve que peut-être, il pourrait y avoir une évolution du côté des Républicains, qu'est-ce que c'est que cette façon de faire ? s'insurge André Chassaigne. Est-ce que c'est ça la nouveauté, le nouveau monde, la nouvelle politique que vous voulez introduire dans l'Hémicycle ?" 

Richard Ferrand a en effet organisé l'élection des vice-présidents alors que Les Républicains (LR) avaient décidé de retirer leurs candidats à ces postes. Le groupe LR protestait ainsi contre l'élection comme questeur de Thierry Solère, un Républicain "constructif", c'est-à-dire prêt à soutenir la majorité acquise à Emmanuel Macron. 

Des vice-présidents tous issus de la majorité 

"Qu'est-ce que c'est que ces petits traficotages ? s'enflamme André Chassaigne.  On doit voter aujourd'hui, (...) il y a des candidatures qui ont émergé. Est-ce que vous allez faire la démonstration que sur six vice-présidents, il y en a cinq qui seront les vice-présidents du rouleau compresseur ? (...) Est-ce que c'est ça, l'exemple que vous voulez montrer ? Vous êtes au contraire en train de montrer que sous des mots qui apparaissent novateurs, vous êtes sur des calculs, des comportements qui ne méritent qu'un adjectif : petit."

A l'arrivée, comme le souligne LCP, les six vice-présidents sont tous issus de la majorité : Carole Bureau-Bonnard (LREM), Hugues Renson (LREM), Danielle Brulebois (LREM), Sacha Houlié (LREM), Cendra Motin (LREM) et Sylvain Waserman (MoDem). Lors de la précédente législature, deux postes de vice-présidents revenaient à l'opposition.