Second tour des régionales : les six vidéos qu'il ne fallait pas rater ce soir

Les remerciements de Xavier Bertrand aux électeurs de gauche, l'appel du patron du PS au gouvernement, les avertissements entendus par Nicolas Sarkozy... Voici les principales déclarations politiques de cette soirée électorale.

Le Premier ministre, Manuel Valls, face à la caméra, le 13 décembre 2015 à Paris, au soir du second tour des élections régionales.
Le Premier ministre, Manuel Valls, face à la caméra, le 13 décembre 2015 à Paris, au soir du second tour des élections régionales. (THOMAS SAMSON / AFP)

La consécration espérée par le Front national n'est pas arrivée. Le FN, qui n'a remporté aucune région, a subi un échec, dimanche 13 décembre, au soir du second tour des élections régionales. Ses candidats se sont heurtés au front républicain socialiste, qui a profité à la droite. 

Dès l'annonce des résultats, les ténors de chaque camp ont défilé devant les caméras pour livrer leurs analyses de ce scrutin test. Voici les six déclarations qui résument cette soirée électorale.

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"Nous sommes entrés dans un bipartisme", affirme Marine Le Pen

Bien que battue sèchement en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Marine Le Pen a affiché un large sourire en commentant les résultats dimanche soir, évoquant "la montée inexorable" de son parti. "Politiquement, cette élection constitue une formidable et bienfaisante clarification, elle a mis au grand jour le mensonge fondamental sur lequel repose, depuis des décennies, tout le système politique français", a jugé la présidente du FN.

"Le premier tour pouvait donner l'impression d'un tripartisme, l'entre deux-tours a prouvé que nous sommes entrés dans un bipartisme, a affirmé la candidate frontiste. Maintenant, le clivage sépare non plus gauche et droite mais mondialistes et patriotes, a lancé la chef de file de l'extrême droite. Cette distinction sera le grand enjeu, le grand choix politique des présidentielles".

Xavier Bertrand remercie "les électeurs de gauche"

Xavier Bertrand a réussi le tour de force d'infliger à Marine Le Pen une défaite sur un territoire, le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, qui était jusqu'ici un fief de gauche. Le député-maire (Les Républicains) de l'Aisne et ancien ministre de Nicolas Sarkozy a pourtant eu le triomphe modeste.

"Ce soir, ce n'est pas la victoire des partis politiques, ce n'est même pas ma victoire, ce soir c'est la victoire des gens du Nord, des hommes et des femmes de Picardie", a insisté le vainqueur. "Nul ne peut se prévaloir de cette victoire", a encore souligné Xavier Bertrand.

Xavier Bertrand a surtout remercié "les électeurs de gauche qui ont clairement voté pour faire rempart" au Front national, après le retrait du candidat socialiste Pierre de Saintignon. Quant au programme, il a promis de prendre en compte "les avertissements" lancés aux partis politiques par les électeurs, s'engageant à répondre aux "grandes questions qui angoissent les Français" : l'Europe, le chômage ou la sécurité.

Sarkozy assure qu'il entend les "avertissements"

Avec sept régions remportées, la moisson est bonne pour Les Républicains, mais moins qu'espérée au début de la campagne. Du coup, les contestations de la stratégie de son président, Nicolas Sarkozy, se font entendre de plus en plus fort. 

Les deux principaux rivaux de l'ancien chef de l'Etat à la prochaine primaire de la droite pour les présidentielle de 2017, Alain Juppé et François Fillon, ont tous deux tenu des discours aux accents de campagne électorale.

Quant au président des Républicains, contesté au sein même de son camp, il avait promis à ses détracteurs, dès l'entre-deux tours, un conseil national pour débattre de la ligne politique du parti. Dimanche soir, il a de nouveau défendu la stratégie d'"union avec le centre". 

"Le danger de l'extrême droite n'est pas écarté", selon Manuel Valls

Sans "triomphalisme", Manuel Valls a estimé que l'"élan très digne" des électeurs était une "injonction à en finir avec les petits jeux politiciens, les invectives, les sectarismes" affirmant d'un air grave que "le danger de l'extrême droite n'est pas écarté", malgré la défaite du FN. Le Premier ministre, qui a prononcé le mot "patriotisme" à deux reprises dans sa courte allocution, dit ne voir qu'"une seule ligne de conduite" : "la République".

Pour Marion Maréchal-Le Pen, "le plafond de verre n'existe pas"

Pour expliquer la défaite du FN au second tour, certains observateurs estiment qu'un "plafond de verre" empêche les électeurs de porter le Front national au pouvoir. Une théorie qui ne tient pas, selon Marion Maréchal-Le Pen : "Ce soi-disant plafond de verre était de 25% en 2010 il est de 48% aujourd'hui ! Combien demain ?"

Après avoir dénoncé des "victoires qui font honte aux vainqueurs", la députée FN a déclaré que "si tous ces profiteurs cyniques pensent nous effrayer, nous dégoûter, nous décourager, je leur dis qu'ils se trompent". Avant de conclure : "Nous allons redoubler d'efforts et de combativité."

Jean-Christophe Cambadélis réclame une "inflexion" à gauche

L'absence de victoire du Front national et la "bonne résistance" de la gauche, qui conserve cinq régions, est "un succès sans joie" pour le premier secrétaire du Parti socialiste. Face à l'abstention élevée, aux scores de l'extrême droite et à l'émiettement de la gauche au premier tour, Jean-Christophe Cambadélis appelle à un "sursaut".

Au regard des résultats, Jean-Christophe Cambadélis demande au gouvernement une "inflexion" à gauche. Le regard résolument tourné vers l'élection présidentielle de 2017, le patron du PS lui demande "d'agir contre la précarité et pour l'activité".

Julien Dray, vice-président PS sortant de la région Ile-de-France, va plus loin. Selon lui, une "nouvelle période politique" s'ouvre pour le PS. Et l'élu battu d'annoncer que son parti lancera "dès demain un nouveau projet."