Régionales : "Il y a un biais" dans la consultation des élus "qui ne paraît pas acceptable", dénonce l'Association des maires de France

Philippe Laurent, secrétaire général de l'Association des maires de France (AMF), estime qu'il n'est pas du ressort des maires de prendre la décision du report ou non des élections.

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Radio France
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Philippe Laurent, maire de Sceaux, le 15 décembre 2018 à Paris. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine), secrétaire général de l'AMF, l'Association des Maires de France, a jugé ce dimanche sur franceinfo "pas digne" la consultation des maires au sujet du maintien ou non des élections régionales et départementales prévues les 13 et 20 juin. Les préfets ont été appelés à consulter les maires sur le maintien du scrutin en juin alors que la France fait face à une troisième vague de l'épidémie de Covid-19.

>> Report ou maintien des élections régionales : des interrogations sur les intentions du gouvernement

"Le fait de poser la question de cette façon-là est une façon un peu anxiogène qui ne peut que conduire les maires à se dire que, finalement, autant ne pas prendre le risque du tout. Donc, il y a un biais dans cette question qui ne paraît pas acceptable. Ce n'est pas digne", a-t-il critiqué. Il est demandé aux maires d'indiquer "par oui ou par non si les conditions préconisées par le comité scientifique" leur "semblent réunies pour tenir les deux scrutins prévus en juin prochain". De premières remontées montrent que des maires, notamment de petites communes ou de villages, jugent impossible la tenue du scrutin en juin du fait de l'épidémie de Covid-19.

"L'ensemble ou la quasi-totalité des maires des Hauts-de-Seine, nous disons c'est possible", a-t-il le maire de Sceaux. "Nous avons fait des propositions au gouvernement s'agissant de l'organisation de ces élections, mais il ne les a pas retenues", a-t-il estimé.

"On a le sentiment que tout se passe comme si un certain nombre de personnes au plus haut niveau de l'Etat ne souhaitaient pas que ces élections aient finalement lieu."

Philippe Laurent, secrétaire général de l'AMF

à franceinfo

Selon lui, ce n'est pas aux maires de prendre la décision, "c'est vraiment la responsabilité du gouvernement". Philippe Laurent estime que la question qui est posée n'est pas la bonne. Elle "devrait être la suivante : quelles sont les mesures qu'il conviendrait de prendre pour que les élections qui ont lieu les 13 et 20 juin prochains soient organisées dans la plus grande sécurité sanitaire possible ? C'est la vraie question. Il ne s'agit pas de faire prendre aux maires de France cette responsabilité de reporter ou de ne pas reporter", a-t-il dénoncé.

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