Violences faites aux femmes : Emmanuel Macron favorable au “fichage” administratif des délinquants sexuels

"Cela fait partie de mes engagements écrits", a assuré le candidat et président sortant. Au contraire du  Fijais (Fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes), il n'y a aura pas besoin d'avoir été condamné pour se retrouver fiché.

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Radio France
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Emmanuel Macron était l'invité du 8h30 franceinfo, vendredi 15 avril.  (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Emmanuel Macron s’est engagé, vendredi 15 avril sur franceinfo, à mettre en place un fichier des délinquants sexuels pour lutter contre les violences faites aux femmes. Il répondait à la question de Jeanne Pujos Saint-Genez, 26 ans, membre de l’association Double peine qui dénonce les dysfonctionnements et l’absence de résultats dans la réception des plaintes par la police.

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La jeune femme lui a demandé "s’il n’y avait pas moyen de ficher les délinquants sexuels", sur le modèle de ce qui est fait en matière de lutte antiterroriste pour les fichés S. "Ce sera le cas, cela fait partie de mes engagements écrits", a assuré le candidat et président sortant.

"Quelqu’un qui a déjà fait l’objet de dépôt de plainte et/ou qui a un casier lié à des violences intraconjugales sera inscrit dans un fichier administratif".

Emmanuel Macron

à franceinfo

Ce type de fichage est à différencier d'un fichier judiciaire, comme le Fijais (Fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes) pour lequel une condamnation est notamment nécessaire. Ce fichage administratif des délinquants sexuels concernerait "des gens dont on sait qu’ils sont susceptibles d’être violents, parce qu’il y a déjà eu des alertes", a précisé Emmanuel Macron, à partir des mains courantes ou des plaintes entamées mais inachevées. L’idée est "de pouvoir ficher toutes ces personnes pour que quand leurs compagnes ou futures compagnes viennent [au commissariat], on puisse savoir que c’est quelqu’un qui a déjà des antécédents et avoir une alerte supplémentaire", a-t-il ajouté. "On a commencé à faire ce travail que je veux pouvoir faire dans la continuité", a déclaré le candidat et président sortant.

Jeanne Pujos Saint-Genez qui assure avoir dû se rendre trois fois au commissariat avant que sa plainte ne soit reçue a également demandé à Emmanuel Macron "ce qu’il s’engageait à faire pour que la loi soit appliquée et les plaintes reçues" rapidement et dans de bonnes conditions. "Il y a plusieurs choses que j’ai faites et que je veux renforcer", a-t-il répondu. "Il y a maintenant le 3919, le numéro qui permet d’appeler jour et nuit et d’être orienté vers un commissariat, voire de lancer l’alerte", a rappelé Emmanuel Macron. "Maintenant, on a formé les policiers et les gendarmes et toutes celles et ceux qui sortent d’école sont formés sur ce sujet", a-t-il poursuivi. "Quand il y a des armes, ce qui est le cas dans beaucoup de féminicides, le dépôt de plainte suffit pour qu’on retire ces armes", a également tenu à souligner le président. Il a assuré que ces mesures étaient "en train d’être complétées", afin de "protéger la personne qui se sent en insécurité chez elle", en "donnant plus de moyens", avec la possibilité qu’elle soit "placée dans un autre logement".

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Emmanuel Macron a par ailleurs reconnu qu’il "y avait encore beaucoup à faire" concernant l’usage des bracelets électroniques pour les délinquants sexuels. "Il y a un changement culturel à faire dans d’autres ministères, l’Intérieur, la Justice, et on ne lâchera pas, a promis le candidat et président sortant qui avait déjà fait de la lutte contre les violences faites aux femmes “la grande cause du quinquennat”, il y a cinq ans. “Je le referai pour la suite”, a-t-il conclu.

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