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Présidentielle 2022 : ce qu'il faut retenir du "Matin présidentiel" d'Emmanuel Macron sur franceinfo

Emmanuel Macron, président de la République et candidat à sa réélection, était vendredi 15 avril l'invité des "Matins présidentiels" de franceinfo.

Article rédigé par franceinfo - édité par Théo Uhart
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 25 min
Le président-candidat à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron, le 15 avril  2022 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Invité des Matins présidentiels de franceinfo, en partenariat avec Konbini, Emmanuel Macron, président de la République candidat à sa réélection, a répondu durant une heure aux questions de Salhia Brakhlia et de Marc Fauvelle, ainsi que Lucie Carrasco, en situation de handicap, qui milite pour plus d’accessibilité des lieux publics, Jeanne Pujos Saint-Genez, qui partcipe au mouvement #DoublePeine qui dénonce la prise en charge de plaintes pour viol, ainsi que Sara El Attar, présidente de l’association Hashtag Ambition. Le président-candidat a, enfin, répondu aux questions des auditeurs de franceinfo. 

Emmanuel Macron a notamment précisé son projet de réforme de retraites, et s'est prononcé pour des évolutions sur la question de l'allocation adulte handicapé et pour la création d'un fichier administratif des délinquants sexuels. Voici ce qu'il faut retenir.

Marine Le Pen - Emmanuel Macron : les deux faces d'une même pièce ? 

"Je le conteste fortement", a répliqué Emmanuel Macron face aux arguments avancés par les partisans du "ni-ni". Hors de question pour le président de suggérer que Marine Le Pen et lui seraient identiques. Pour lui, "l'extrême droite, à plusieurs reprises, a contesté plusieurs valeurs fondamentales, sur la manière de réformer la Constitution, sur le retour sur l’abolition de la peine de mort, sur le rapport aux journalistes et leur récusation". "Je pense que nous sommes dans une autre catégorie", a conclu le candidat qui "revendique d'être dans le camp républicain".

Alors que les électeurs de gauche, et notamment ceux de Jean-Luc Mélenchon, sont convoités par les deux candidats du second tour, le président sortant a assuré qu'il souhaitait "reprendre les propositions d'autres candidats", entre autres "sur les sujets de qualité de l'eau et qualité de l'air"

Invité à réagir sur les protestations étudiantes qui dénoncent l'affiche du second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron a estimé que "la démocratie est faite de règles". Il a rappelé que les règles démocratiques supposent que "chacun se porte sur le projet dont il est le plus proche au premier tour" avant, au second tour, "de choisir entre les deux projets qui arrivent en tête"

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"Deux garanties" sur les retraites

Pas question de changer fondamentalement la réforme des retraites pour le candidat LREM. Il prévoit toujours de retarder progressivement l'âge de départ pour atteindre 64 ou 65 ans. "Je ne change pas le rythme, sinon je ne peux pas financer les progrès que je souhaite", a avancé Emmanuel Macron, qui a cité la réindexation des retraites sur l'inflation "dès l'été" et le passage de la retraite minimale à taux plein à "1100€".

Il s'est en revanche engagé à ne pas toucher à l'âge à partir duquel la décote est annulée, c'est-à-dire 67 ans.

Le salaire de Carlos Tavares "choquant" : vers un plafond pour les hautes rémunérations 

"C'est choquant, c'est excessif", a réagi Emmanuel Macron à propos des revenus de Carlos Tavares, directeur exécutif de Stellantis dont la rémunération pour l’année 2021 s’établit à 19 millions d’euros. Des estimations évoquent même 66 millions d’euros en prenant en compte les différentes primes. "Soit on se dit pourquoi pas moi, soit on se dit c’est inadmissible, et c’est inadmissible", a poursuivi le président sortant, qui s’est dit favorable à l’instauration de "plafonds" en Europe. "Il faut convaincre nos partenaires européens de porter une réforme qui permette d’encadrer la rémunération de nos dirigeants", a-t-il résumé le candidat LREM.

"On doit bouger" sur l'allocation adulte handicapé

Lucie Cascarro, l'une des témoins sélectionnées par notre partenaire Konbini, a interrogé le président pour savoir si elle devait choisir "l'amour" ou son "indépendance" car, si elle se marie, elle perdra son allocation adulte handicapé. "On doit bouger sur ce point", a répondu Emmanuel Macron, qui n'a pas précisé comment. "Il y a plusieurs réponses, soit faire ça [déconjugaliser l'AAH], soit avoir un revenu qui permette d'accompagner mais qui ne soit pas conditionné, qu'il n'y ait pas ce couperet qui est aujourd'hui absurde, il y a plein de personnes en situation de handicap qui l'ont", a-t-il avancé. 

Jusqu'ici pourtant, le gouvernement s'est toujours prononcé contre la "déconjugalisation". Les oppositions ont plusieurs fois soumis le projet au vote à l'Assemblée mais il a toujours été rejeté.

"Pour moi, la question du voile n'est pas une obsession" assure Emmanuel Macron

Deuxième témoin, Sara El Attar, présidente de l'association Hashtag Ambition lui a demandé, entre autres, ce qu'il "avait à dire aux citoyennes françaises qui ont été plus que jamais fustigées, ces dernières années, pour un simple foulard [islamique]", alors que sa concurrente du Rassemblement national propose d'interdire le voile dans l'espace public.

"Avec moi, il n'y a pas de changement de cette politique, c’est-à-dire il y a une neutralité des services publics, pas de voile dans les services publics, pas de voile à l'école, au collège et au lycée avec des mineurs", a le président-candidat. "Pour le reste, la société est une société libre", a-t-il martelé.

Violences faites aux femmes : Emmanuel Macron favorable au "fichage" administratif des délinquants sexuels

C'était la troisième témoin sélectionnée par Konbini : Jeanne Pujos Saint-Genez, membre du collectif #DoublePeine, a raconté au présidente avoir "dû aller porter plainte trois fois avant qu'elle soit reçue". La jeune femme lui a demandé "s’il n’y avait pas moyen de ficher les délinquants sexuels", sur le modèle de ce qui est fait en matière de lutte antiterroriste pour les fichés S. "Ce sera le cas, cela fait partie de mes engagements écrits", a assuré le candidat LREM. 

"Quelqu’un qui a déjà fait l’objet de dépôt de plainte et/ou qui a un casier lié à des violences intraconjugales" sera inscrit dans un "fichier administratif". Ce type de fichage est à différencier d'un fichier judiciaire, comme le Fijais (Fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes) pour lequel une condamnation est notamment nécessaire. 

Sur le sujet, le président sortant a aussi tenu à rappeler son bilan, et notamment sur la formation : "On a formé les policiers et les gendarmes et toutes celles et ceux qui sortent d’école sont formés sur ce sujet", a-t-il assuré. 

Les réponses aux questions des auditrices et auditeurs

Retraite, écologie, fonction publique... les auditrices et auditeurs de franceinfo ont pu échanger avec le président de la République. Ecoutez ses réponses ci-dessous, dans le replay vidéo des Matins présidentiels de franceinfo avec Emmanuel Macron.

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