Présidentielle : sept promesses que François Hollande a tenues depuis 2012

Alors que le président sortant a décidé de ne pas briguer un second mandat, franceinfo s'est replongé dans les "60 engagements pour la France" que le candidat socialiste avait publiés, à la fin janvier 2012, lors de la présentation de son programme.

François Hollande présente son programme à la presse, le 26 janvier 2012 à Paris.
François Hollande présente son programme à la presse, le 26 janvier 2012 à Paris. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

Il a pris sa décision. François Hollande ne sera pas candidat à sa propre succession. En annonçant sa décision, jeudi 1er décembre, le président de la République a dressé le bilan de son action, à six mois de la fin de son quinquennat. Où en sont ses promesses de campagne ? Franceinfo s'est replongé dans les "60 engagements pour la France" que le candidat socialiste avait publiés, à la fin janvier 2012, lors de la présentation de son programme.

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Nombre de ces 60 engagements apparaissent difficilement vérifiables : certains parce qu'ils contiennent en réalité plusieurs promesses, d'autres parce que leur contenu est trop flou pour être jugé sur pièces. Nous avons donc choisi de sélectionner dans cet article sept engagements phares qui ont été tenus par François Hollande et, dans cet autre article, sept autres qui sont passés aux oubliettes.

Ouvrir le droit au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels

C'est LA grande réforme sociétale du quinquennat. Même s'il n'a jamais semblé passionné par ce sujet, le chef de l'Etat peut se prévaloir d'avoir tenu bon malgré l'opposition véhémente d'une frange de la société française derrière le mouvement de la Manif pour tous. La loi, promulguée le 17 mai 2013, n'ouvre cependant pas le droit à la procréation médicalement assistée (PMA), que l'équipe du candidat Hollande avait pourtant évoquée pendant la campagne.

Revenir partiellement à la retraite à 60 ans

Dès le 2 juillet 2012, le gouvernement a pris un décret étendant le dispositif "carrières longues". Les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans (contre 16 ans auparavant) peuvent en bénéficier. Il leur faut pour cela avoir cotisé le nombre de trimestres leur donnant droit à une retraite à taux plein. Selon l'assurance retraite, cette réforme a bénéficié à 65 000 salariés en 2012, et le dispositif est monté en puissance les années suivantes.

Créer 60 000 postes dans l'éducation

"Les 60 000 postes seront bien créés d’ici 2017", clamait le gouvernement à la rentrée 2015. D'ici à la fin de l'année 2016, ce sont au total 47 078 postes qui auront été créés, selon le budget 2016. Il en restera donc 12 922 à créer en 2017. Pour le moment, le rythme est donc tenu.

Alourdir les impôts des ménages les plus aisés

François Hollande a respecté ces deux engagements. La tranche supplémentaire de 45% de l'impôt pour les revenus supérieurs à 150 000 euros et le plafonnement à 10 000 euros des niches fiscales ont été votés, comme prévu, dès la fin 2012, dans le cadre du budget 2013.

En revanche, une promesse non contenue dans le programme officiel, mais annoncée par François Hollande le 27 février 2012 lors d'une émission sur TF1 n'a jamais été tenue : la taxe à 75%. Après moult revirements, la taxe votée est retoquée par le Conseil constitutionnel, puis remplacée par une taxe payée par les entreprises en 2014. Elle est définitivement abandonnée début 2015.

Créer 150 000 emplois d'avenir

L'objectif a été dépassé : à ce jour, 275 000 contrats d'avenir ont été signés. Ces contrats subventionnés par l'Etat, permettent d'employer des jeunes de 16 à 25 ans en CDI ou en CDD jusqu'à trois ans, avec une rémunération au niveau du smic. Ces embauches ont été réalisées à 80% dans le secteur public, et à 20% dans le secteur privé.

Cette expérience permet-elle de déboucher sur des emplois stables ? Seul un tiers des jeunes ayant bénéficié de ce dispositif dans le secteur public ont un travail six mois après la fin du contrat d'avenir, contre deux tiers dans le secteur privé.

Permettre de finir sa vie grâce à une assistance médicalisée

François Hollande a tenu sa promesse, ni plus ni moins. Une proposition de loi présentée par les députés PS Alain Claeys et LR Jean Leonetti ouvre un droit à la "sédation profonde et continue" jusqu’au décès pour les malades en phase terminale. En revanche, le texte ne légalise ni l'euthanasie ni le suicide assisté, deux revendications que le candidat Hollande s'était bien gardé de promettre durant la campagne.

Créer une banque publique d'investissement

Lancée dès décembre 2012, la banque publique d'investissement est montée en puissance. Elle finance désormais quelque 60 000 entreprises françaises, essentiellement des PME et des TPE, note Le Monde. En 2015, le groupe Bpifrance a accordé 13,3 milliards d'euros de crédits et d'aides aux entreprises.