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Présidentielle : "On comprend la colère contre Emmanuel Macron", mais Marine Le Pen "n'est pas un débouché", estime Manon Aubry

La question d'un vote pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle n'est pas abordée par la consultation de La France insoumise car elle "n'est absolument pas une solution", explique Manon Aubry.

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Radio France
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L'eurodéputée La France Insoumise Manon Aubry était l'invitée de franceinfo samedi 25 septembre 2021. (CAPTURE ECRAN / FRANCEINFO)

À huit jours du second tour de l'élection présidentielle, La France insoumise sonde jusqu'au soir du samedi 16 avril celles et ceux qui avaient parrainé Jean-Luc Mélenchon pour savoir s'ils s'abstiendront, voteront blanc ou pour Emmanuel Macron. La question d'un vote pour Marine Le Pen n'est pas abordée, car elle "n'est absolument pas une solution", lance sur franceinfo l'eurodéputée LFI Manon Aubry. L'élue dit comprendre "la colère contre Emmanuel Macron", mais elle insiste, Marine Le Pen "n'est pas un débouché car elle aura aussi une politique très dure contre les classes populaires".

franceinfo : Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui comptent se reporter sur Marine le Pen représentent-ils une part marginale de votre électorat ?

Manon Aubry : Oui, c'est une part marginale. Notre message est très clair : Marine Le Pen n'est absolument pas une solution. D'un point de vue social, son programme est similaire à la maltraitance imposée par Emmanuel Macron ces cinq dernières années, mais en plus elle ajoute un projet d'exclusion ethnique, religieux, de remise en cause des libertés fondamentales, de l'indépendance de la justice. Marine Le Pen, c'est Donald Trump [ancien président des États-Unis], Jair Bolsanoro [président brésilien] ou Viktor Orban [Premier ministre hongrois] à la française. Elle est un danger. Maintenant, libre à chacun de s'abstenir, de voter blanc ou de voter Emmanuel Macron. Pour des millions de Français qui ont subi les politiques antisociales d'Emmanuel Macron, c'est un choix difficile.

Et vous, quel sera votre choix ?

La question n'est pas ce que l'un ou l'autre des responsables politiques va voter. Ce qui compte, c'est qu'on fasse notre part du boulot pour démontrer à quel point l'extrême droite est un danger dans notre pays. C'est pour ça que nous nous rendons aux mobilisations qui ont lieu aujourd'hui partout dans le pays. Nous avons fait notre boulot bien avant le premier tour.

"On comprend la colère contre Emmanuel Macron mais Marine Le Pen n'est pas un débouché. Elle n'est pas une solution parce qu'elle aura aussi une politique très dure contre les classes populaires. Maintenant charge à Emmanuel Macron de faire l'autre partie du boulot."

Manon Aubry, eurodéputée LFI

à franceinfo

On entend d'ailleurs Emmanuel Macron parler soudainement de "planification écologique", le mot qu'emploie Jean-Luc Mélenchon depuis des années. Mais je n'oublie pas que c'est l'État français, sous la direction politique d'Emmanuel Macron qui a été condamné pour inaction climatique, qu'il ne respecte pas les objectifs en termes d'énergies renouvelables au niveau européen. J'ai le sentiment de drague lourde, comme quand on est dans un bar.

Pour les élections législatives, vous tendez la main aux Verts, aux communistes en leur proposant une répartition des circonscriptions au prorata des résultats du premier tour sur un programme construit à partir de celui de Jean-Luc Mélenchon. Vous n'êtes pas grand prince avec eux...

Ce sont les électeurs qui ont tranché, c'est la démocratie qui a parlé. L'élection présidentielle est la seule élection en France où le taux de participation dépasse les 60%, celle où le vote populaire est le plus large. Notre proposition est donc de faire une répartition, ou en tout cas de commencer une discussion sur ces bases. C'est une base de négociation démocratique. Mais au-delà, la proposition qui est la nôtre, c'est de commencer par travailler dans un respect mutuel. Soyons un peu sérieux et responsables et donnons-nous les moyens d'avoir une majorité parlementaire aux législatives pour que quoiqu'il arrive nos sujets écologiques et sociaux puissent être dans le débat et être représentés à l'Assemblée nationale de la plus large des manières.

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