Présidentielle de 2017 : pourquoi les électeurs UMP veulent de moins en moins d'une candidature de Sarkozy

Selon un sondage publié dimanche, seuls deux Français sur dix aimeraient que Nicolas Sarkozy soit candidat à la prochaine élection présidentielle. Explications avec Erwan Lestrohan, de l'institut BVA.

Le président de l\'UMP, Nicolas Sarkozy, au conseil national de son parti, le 7 février 2015 à Paris.
Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, au conseil national de son parti, le 7 février 2015 à Paris. (MAXPPP)

C'est un sondage inquiétant pour Nicolas Sarkozy. Selon une enquête BVA* publiée dimanche 22 février, seuls 22% des Français souhaitent que l'ancien chef d'Etat soit candidat à la prochaine élection présidentielle. Un score en chute de 11 points depuis son retour sur le devant de la scène politique, l'été dernier.

Et ce sondage est d'autant plus alarmant que c'est auprès de son électorat que Nicolas Sarkozy chute le plus : -21 points chez les électeurs de l'UMP (à 57% en février) et -22 points (à 40%) chez les électeurs de droite dans leur ensemble. Décryptage avec Erwan Lestrohan, directeur d'études à l'institut BVA.

Francetv info : Seuls deux Français sur dix souhaitent une candidature de Nicolas Sarkozy en 2017. Quels enseignements peut-on en tirer ?

Erwan Lestrohan : L'enseignement central, c'est que la primaire de l'UMP, qui aura lieu l'an prochain, s'annonce de plus en plus ouverte. Le retour de Nicolas Sarkozy en septembre, était censé mettre à mal cette concurrence. Là, au contraire, c'est cette même concurrence – Alain Juppé, Bruno Le Maire – qui a plutôt porté préjudice au retour de l'ancien chef d'Etat.

Que reprochent les Français à Nicolas Sarkozy ? 

Le divorce entre Nicolas Sarkozy et les Français n'est pas nouveau. En revanche, ce qui l'est, c'est l'effritement de sa cote de popularité auprès de l'électorat de droite, et, en particulier, auprès des sympathisants UMP. Nicolas Sarkozy n'est plus hégémonique au sein de sa propre famille. En janvier 2012, même quand sa popularité auprès des Français était au plus bas, il bénéficiait encore du soutien de 85% des sympathisants UMP. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, seule une minorité d'électeurs de droite – 40% – souhaitent sa candidature en 2017.

Comment expliquer ce désamour entre les électeurs de droite et Nicolas Sarkozy ?

Ce que les électeurs UMP reprochent à Nicolas Sarkozy, ce n'est pas forcément ses prises de position. En revanche, ils conçoivent qu'il y ait plusieurs chapelles au sein du parti. C'est une vraie nouveauté. Certains sont, par exemple, sensibles à la ligne défendue par Bruno Le Maire, qui s'est révélé durant la campagne pour la présidence du parti. D'autres apprécient la présence et le poids médiatique d'Alain Juppé, y compris lorsqu'il défend des positions divergentes, comme sur la stratégie à adopter en cas de duel PS-FN.

Doit-on en déduire que Nicolas Sarkozy risque de perdre la primaire de l'UMP l'an prochain ?

Il est encore un peu trop tôt pour le dire. La vraie question, c'est de savoir si ces 22% constituent un plancher, en-dessous duquel Nicolas Sarkozy ne peut plus descendre, et qu'au contraire, il va réussir à redresser sa popularité en restaurant l'UMP. Ou bien si ces 22% sont plutôt la marque d'un effritement durable de sa popularité au sein de son propre camp. Et que cela se traduise par une vraie mise en concurrence des candidats potentiels à la primaire pour la présidentielle de 2017, qui risquerait d'amenuiser ses chances de l'emporter.

*Sondage BVA pour Orange et i-Télé, réalisé par internet les 19 et 20 février auprès d'un échantillon de 1 076 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.