Cet article date de plus de deux ans.

Présidentielle : à Lille, autour de Fabien Roussel, l'ambiance est "aux jours heureux" et au rejet du vote utile

Pour son meeting à Lille, jeudi soir, le candidat communiste avait réservé une rame de TGV baptisé "train des gens heureux". De quoi galvaniser les électeurs communistes alors que Jean-Luc Mélenchon devance largement leur candidat dans les sondages.

Article rédigé par Benjamin Mathieu
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle, en meeting au Zénith de Lille (Nord), jeudi 7 avril 2022. (DENIS CHARLET / AFP)

Accueil en fanfare sur les quais de la gare du Nord, à Paris. Pour remplir la salle de son meeting lillois, jeudi 7 avril, à trois jours du premier tour de la présidentielle 2022, Fabien Roussel a réservé une rame de TGV. Les passagers du "train des gens heureux", ne sont même pas encore montés à bord que l'effet fonctionne déjà. Serge, venu de Chartres avec sa femme et sa fille est ravi. "Ça fait du bien, surtout de profiter un peu de la vie, de passer des bons moments."  Qu'est ce qui lui plaît dans la campagne du candidat communiste ? "Le renouveau, quelqu'un qui est de mon âge et qui me parle vraiment par rapport aux problématiques de tous les jours", répond-il. Et quand on lui fait remarquer qu'il ressemble un peu à Fabien Roussel, Serge sourit, amusé : "C'est gentil, je prends ça comme un compliment".

Une fois à bord du train d'autres surprises, attendent les passagers. Les haut-parleurs diffusent un message dans la rame : "Eh oui, c'est Fabien Roussel, votre chef de bord et candidat à l'élection présidentielle". Le candidat communiste a pris le contrôle du train et ça plaît beaucoup à ce très jeune militant : "Moi en tant que jeune de 16 ans, lycéen, je trouve ça absolument incroyable, surtout l'ambiance... Prendre un train dans cette ambiance-là, c'est quand même quelque chose de nouveau et différent. Et puis l'ambiance au sein du Parti communiste, franchement, c'est super cool."

Quelques heures plus tard, c'est un candidat ému qui monte sur la scène du Zénith de Lille, en découvrant que tous ses enfants sont assis au premier rang : "Quelle surprise vous me faites tous, quelle surprise ils me font avec mes enfants!" Le député du Nord, originaire de Béthune (Pas-de-Calais), joue à domicile et ne boude pas son plaisir. "Comme on dit ici, in a l'tchœur à l'ouvrache [on a le cœur à l'ouvrage]. Ça veut dire qu'ici, on connaît la valeur du travail."

Mais après avoir chanté Les Corons de Pierre Bachelet, hommage aux ouvriers du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, Fabien Roussel se recentre sur ce qui anime la gauche depuis que seul Jean-Luc Mélenchon semble être en mesure d'atteindre le deuxième tour"Ne vous laissez pas endormir, libérez-vous, votez pour vos idées. Et quand on veut des jours heureux, on vote les jours heureux, tout simplement ! Il n'y a pas d'autre argument."

Le vote utile à gauche, "efficace en rien"

Le meeting se termine dans un déluge de cotillons. Hélène, une militante parisienne, dénonce elle aussi cette injonction à voter utile : "Depuis 2002, ça n'a été efficace en rien. Ni contre le Front national, ni contre l'extrême droite, ni contre les politiques libérales. À un moment, il faut arrêter et il faut changer de stratégie." 

"Faire barrage à l'extrême droite, faire barrage aux idées fascisantes forcément, ça fait partie de notre identité donc oui, ça nous interpelle, nuance Laura, une militante PCF du Val-de-Marne. Mais je suis très fière du choix qu'a fait le Parti communiste d'avoir une candidature bien identifiée du Parti communiste. Et je pense que c'est une réussite parce qu'au niveau de la campagne qu'on a menée sur le terrain auprès des habitants, on est vraiment beaucoup plus audibles."

"Notre programme est beaucoup plus lisible. C'était nécessaire et ça fait du bien aux militants et je pense que c'est très positif pour la suite"

Laura, militante PCF du Val-de-Marne

à franceinfo

Après dix ans dans l'ombre de La France insoumise, les militants communistes semblent retrouver la fierté de porter une candidature par eux mêmes. Fabien Roussel veut donner l'image d'une candidature synonyme d'un printemps, de fraîcheur qui fait du bien. Reste à savoir si, dimanche, les électeurs ne préféreront pas aller prendre l'air plutôt que d'aller aux urnes.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.