Présidentielle 2022 : Christiane Taubira ne veut pas "contribuer à l'éparpillement, la gauche ne peut pas se permettre de perdre"

L'ancienne garde des Sceaux confirme qu'elle ne sera pas candidate à la présidence de la République. Mais elle fera campagne. Pour qui ? Cela reste à déterminer.

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Radio France
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Christiane Taubira, le 16 septembre 2021 sur France Inter. (FRANCEINTER / RADIO FRANCE)

"Je ne peux pas venir contribuer à l'éparpillement mais d'une façon ou d'une autre je vais trouver ma place", a déclaré Christiane Taubira jeudi 16 septembre sur France Inter à la question de savoir si elle comptait se présenter à la présidentielle de 2022. L'ancienne garde des Sceaux est restée catégorique : "Non", a-t-elle répétée, "je ne peux pas venir m'aligner parce que je ne peux pas dire que notre chance c'est de sortir de la confusion, d'éviter la dispersion, et en même temps dire que je viens aussi apporter mon obole". Christiane Taubira a toutefois promis d'apporter sa contribution différemment. "Je ne vais pas rester distante ou observatrice dans cette campagne, je vais faire campagne", a-t-elle ajouté sans préciser derrière quelle candidature elle comptait se ranger.

Concernant la multiplication des candidatures à gauche, "je pense objectivement que c'est trop", a reconnu Christiane Taubira, "mais dire que c'est trop c'est dire qu'il y a une personne qui n'est pas à sa place et moi je ne m'autorise pas à faire cela". "La gauche est pour l'instant trop nombreuse mais ce n'est pas la question des personnes, c'est une question de conjoncture, d'état du monde, des urgences, et nous avons besoin que ce soit la gauche qui prenne des politiques publiques", a estimé l'ancienne garde des Sceaux. "Nous avons besoin de solidarité et d'égalité dans la société."

Un enjeu colossal dans un pays "où nous sommes tous en danger"

Selon elle, "l'enjeu est trop important". "Les personnes mobilisées pour cette élection doivent comprendre que l’enjeu est colossal et c'est pour cela que la gauche ne peut pas se permettre de perdre cette élection, c'est pour cela que je ne peux aller gentiment m'aligner en tant que 7e ou 8e candidate de la gauche", a-t-elle déclaré. "L'enjeu est colossal parce que la société a été travaillée ces 20 dernières années par des idées d'exclusion, de rejet, par une xénophobie tranquille, une intolérance", a poursuivi Christiane Taubira.

"C’est un pays où on humilie tranquillement et on trouve ça normal ! Le pays reste calme, alors qu’on écrase la jeunesse de ce pays, alors que nous sommes tous en danger, que le danger climatique ne peut pas attendre, que l'injustice sociale produit de la colère, de la rage. On sait tout cela", s'est-elle indignée. "On ne peut pas simplement s'asseoir et dire 'Je suis candidat', et je dis que moi, face à cela, je ne peux pas juste m'amuser, on ne peut pas se permettre de jouer", a souligné Christiane Taubira.

Interrogée sur la possible candidature d'Eric Zemmour, l'ancienne garde des Sceaux a estimé que "des Zemmour, il y en aura d'autres", "des individus qui sont dans un confort matériel et social, parce que personne ne conteste leur haine, personne ne les marginalise, ne les stigmatise dans l'incapacité qu'ils ont d'accepter la société".

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