L'Union populaire autour de Jean-Luc Mélenchon "peut répondre aux problématiques de l'abstention", estime le député LFI Adrien Quatennens

"Le plus important est d'aller convaincre ceux qui sont le plus éloignés de la vie politique", a assuré Adrien Quatennens, député LFI, ce dimanche sur franceinfo. 

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Radio France
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Adrien Quatennens, député LFI, dans la salle des quatre colonnes à l'Assemblée nationale, le 3 mars 2020.  (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Jean-Luc Mélenchon s'est exprimé devant 2 000 militants dimanche 17 octobre, en clôture de la convention de l'Union populaire, à Reims. Pour le député de La France insoumise, Adrien Quatennens, l'Union populaire autour de Jean-Luc Mélenchon "peut répondre aux problématiques de l'abstention", a-t-il expliqué sur franceinfo dimanche. Il appelle la jeunesse à voter car "si on se tient à l'écart, il ne faut pas être étonné que le résultat final soit une reconduction d'Emmanuel Macron". Le député de la 1ère circonscription du Nord affirme que "la fatalité n'existe pas", et qu'il sera donc nécessaire de "quitter certains traités européens".

franceinfo : Avec qui va s'unir votre parti pour former cette union populaire ?

Adrien Quatennens : L'union populaire est une stratégie qui consiste à dire que puisque l'union au sommet n'est vraisemblablement pas possible, notamment pour des raisons de fond. Je prends deux exemples : Anne Hidalgo ne souhaite pas rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune car elle n'a pas répondu lorsque la question lui a été posée. Faudrait-il que nous mettions ça de côté pour s'unir avec des personnes qui ne sont pas d'accord ? Yannick Jadot ne remet pas en cause les traités européens or nous savons qu'aucun protectionnisme écologique n'est possible avec ces traités européens. Doit-on renoncer à les mettre en cause pour pouvoir se mettre bras dessus bras dessous sur une photo ? Je déplore, alors que les mois avancent, que l'on ait encore cette histoire d'union alors que chacun sait depuis le début que malheureusement elle n'aura pas lieu, alors que le plus important est de regarder cette grande masse du peuple qui se tient à l'écart, dans l'abstention, et qu'il faut convaincre avec des idées. Depuis que nous avons débuté cette campagne en novembre 2020 avec Jean-Luc Mélenchon, un peu plus de la moitié des personnes et militants qui nous ont rejoints ne sont pas membres de la France insoumise. Ce sont des gens qui n'avaient pas forcément envie de rejoindre une formation politique déjà identifiée, mais pour autant qui avaient envie de passer à l'action sur la campagne. C'est un élargissement. Nous sommes sûrs d'une chose : nous avons fait notre rentrée politique à l'été avec un sondage sur des mesures afin d'interroger sur des idées plutôt que sur la course de petits chevaux. Nous avons pu vérifier que les mesures les plus structurantes du programme suscitent une adhésion très forte, entre 60 % à 90 %. Le plus important est d'aller convaincre ceux qui sont le plus éloignés de la vie politique et de dire que l'absention vote Macron. Si on veut appliquer un programme de rupture sans plus attendre, le chemin le plus court est de se regrouper derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon. 


franceinfo : C'est la jeunesse qui s'est détournée de la vie politique et qu'il faut rappeler dans vos rangs ?

Adrien Quatennens : Jean-Luc Mélenchon est en ce moment en pleine tournée dans les facultés et les écoles pour s'adresser à la jeunesse. Nous le savons : parmi les gens qui s'abstiennent le plus, il y a les ouvriers, les employés,  les classes populaires, mais aussi beaucoup de jeunes. Or cette génération, dans laquelle je m'intégre, est mise au pied du mur de devoir véritablement changer les choses. Nous avons eu cet été le dernier rapport du GIEC qui nous explique que la situation du climat va de catastrophe en catastrophe. Il y a un besoin de se retrousser les manches pour changer les choses. Jean-Luc Mélenchon l'a dit : il n'y a de fatalité à rien. Ni à la catastrophe climatique qui s'annonce ni à un partage des richesses inégal. Lorsque monsieur Macron est arrivé, les 500 familles les plus riches de France possédaient 500 milliards, ce patrimoine a doublé en l'espace d'un quinquennat pendant que le pays est passé de 8 à 10 millions de pauvres. Tout ça sont des choix politiques et ne sont pas une fatalité. Si l'on se tient à l'écart, en spectateur de cette situation, il ne faut pas être étonné qu'à la fin le résultat soit une reconduction, soit d'Emmanuel Macron, soit de candidats interchangeables qui finalement appliqueraient le même programme. 

franceinfo : Jean-Luc Mélenchon a parlé de sortir de l'OTAN, des traités européens, c'est un clin d'œil à l'électorat de certains candidats souverainistes ?

Adrien Quatennens : C'est juste du pragmatisme. Sur la question internationale, tout le monde voit bien que le côté disruptif d'Emmanuel Macron, encore ces dernières semaines dans ses déclarations sur l'État algérien, est une improvision qui n'est pas à la hauteur d'un chef d'État. Ce que Jean-Luc Mélenchon rappelle sans cesse, c'est que la paix est une construction politique et n'est pas un acquis. Pour concourir à la paix, la France a besoin de retrouver une indépendance sur la scène internationale. Elle n'a plus rien à faire, c'est vrai, dans l'OTAN, qui nous arrime à la volonté des États-Unis. La crise récente des sous-marins australiens nous rappelle que les États-Unis n'ont pas d'alliés mais uniquement des affidés. La France doit retrouver cette indépendance afin de tenir ce rôle de puissance médiatrice à l'échelle du monde. Sur la question européenne, le protectionnisme écologique qui consisterait à ce que des produits pleins de pesticides qui nous arriveraient de l'extérieur soient interdits est contraire aux traités européens. Nous assumons de dire : si nous avons mandat populaire pour appliquer ce programme d'intérêt général, même si nous avons des obstacles en face de nous, nous appliquerons ce programme, même s'il faut remettre en cause les traités européens, plutôt que de faire une liste au père Noël sans conséquence.

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