Éducation : les promesses d'Emmanuel Macron pour son second mandat laissent les syndicats "perplexes"

L'éducation est l'un des axes clés sur lesquels Emmanuel Macron souhaite insister lors de ce nouveau quinquennat. Mais les syndicats sont dubitatifs, tant sur le fond que sur la forme. 

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Radio France
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Une salle de classe du collège Saint-Colomban à Luxeuil (Haute-Saône), en août 2018. (JEAN-FRANÇOIS FERNANDEZ / RADIO FRANCE)

C'est l'un des grands chantiers annoncés pour le nouveau quinquennat d'Emmanuel Macron, aux côtés de la santé, l'écologie ou le pouvoir d'achat : l'éducation est présentée comme l'une des priorités. Le président réélu est attendu au tournant dans le monde de l'éducation, après cinq années éprouvantes entre le Covid-19, l'école à distance et les protocoles à répétition, mais aussi l'assassinat de Samuel Paty.

Il y a plusieurs sujets sur la table : autonomie accrue pour les chefs d'établissement, renforcement des enseignements de maths, français ou sport mais également des heures pour l'orientation. La question des salaires doit aussi être évoquée. Certains regrettent cependant le manque de visibilité dans le projet du chef de l'État. "Avant le premier tour, il était question d'un nouveau pacte puis dans l'entre-deux-tours, il a été question d'une augmentation de la rémunération de 10% sans conditions. Il y a donc beaucoup de flottement", regrette ainsi Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa.

"Il existe pour l'instant toujours une faible prise de conscience du défi de l'attractivité pour nos métiers. Nous n'avons plus assez de personnes qui souhaitent devenir enseignantes."

Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa

à franceinfo

Le président élu promet aussi une nouvelle méthode, avec plus de négociations et de concertations. Terminés, les passages en force. "On a envie d'y croire", confient plusieurs représentants, qui disent attendre de voir. "Il faut absolument une rupture avec les cinq dernières années." Il a en effet souvent été reproché au ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, d'être trop autoritaire. 

À ce sujet notamment, le chef de l'État veut lancer rapidement une large concertation, sur l'ensemble du territoire, avec notamment les acteurs locaux. "Il y a comme un air de déjà-vu", alerte Sophie Vénétitay, représentante du Snes, le principal syndicat dans les collèges et les lycées. "Cela nous laisse un peu perplexes parce qu'on a eu le grenelle de l'éducation pendant ce quinquennat, qui a réuni des sportifs de haut-niveau, des chefs d'entreprise, des membres de la société civile... Ça avait donné lieu à des réunions absolument surréalistes et finalement rien n'avançait." Elle prévient le gouvernement du risque de "reproduire les échecs du quinquennat passé". La nouvelle méthode à appliquer, selon Sophie Vénétitay ? "Écoute et concertation."

Les syndicats rappellent aussi que beaucoup d'enseignants ont voté pour Emmanuel Macron au second tour afin de faire barrage à l'extrême droite, sans grande adhésion à son programme. Ils aimeraient bien que le chef de l'État réélu s'en souvienne.

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