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Meeting Copé-Fillon à Strasbourg : un scénario écrit à l'avance

Tellement écrit à l'avance que francetv info a imaginé ce qui allait se passer durant cette réunion publique, qui doit avoir lieu ce mercredi soir. Attention, politique-fiction.

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France Télévisions
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L'ancien Premier ministre François Fillon (G) et le président de l'UMP, Jean-François Copé (D), lors du conseil national de l'UMP, le 25 janvier 2014 à Paris. (MAXPPP)

A trois semaines des élections municipales, les accusations du Point à l'encontre de Jean-François Copé ne doivent pas venir perturber l'image d'unité que le président de l'UMP s'évertue à véhiculer depuis des mois. Le scénario du meeting qu'il doit tenir à Strasbourg mercredi 5 mars en compagnie de François Fillon et de Jean-Pierre Raffarin est donc connu… A tel point que francetv info a décidé, une fois n'est pas coutume, d'écrire le reportage avant même de partir pour Strasbourg. 
L'article ci-dessous est donc une pure fiction, fondée sur les précédents à l'UMP. Correspondra-t-elle à la réalité ?  

Si l'UMP était un pays, jouer l'unité de façade serait sans doute un sport national. En meeting à Strasbourg (Bas-Rhin) pour soutenir la candidature de Fabienne Keller, Jean-François Copé et François Fillon ont fait une nouvelle fois preuve de leur immense talent en la matière, mercredi 5 mars.

En coulisses, l'ambiance est pourtant glaciale depuis les révélations du magazine Le Point, qui accuse Jean-François Copé d'avoir favorisé des proches aux dépens des finances de l'UMP. Dans sa déclaration solennelle prononcée au siège de l'UMP, lundi, Jean-François Copé a dénoncé une "campagne médiatique téléguidée" à son encontre. Sous couvert d'anonymat, plusieurs proches du président de l'UMP soupçonnent le camp Fillon d'être à l'origine de l'enquête de l'hebdomadaire. L'ancien Premier ministre, lui, n'a guère apprécié l'initiative de Jean-François Copé qui, sans en avertir personne ou presque, a réclamé que l'ensemble des comptes des partis politiques – et ceux des médias – soient publiés... et a annoncé qu'en attendant, ceux de l'UMP seraient mis sous scellés. 

Mais ce mercredi soir, à Strasbourg, rien ne transparaît. Méthodiquement, l'UMP déroule en quatre points une contre-offensive bien rodée.

1 Esquiver les affaires 

Dans le TGV qui l'emmène à Strasbourg, mercredi après-midi, Jean-François Copé montre un visage bien plus souriant qu'il y a deux jours. Alors que François Fillon a pris le même train, les deux hommes s'autorisent un seul commentaire d'actualité pour déplorer, sans s'appesantir, la publication par Le Canard enchaîné et Atlantico des enregistrements de Patrick Buisson qui dévoilent des échanges entre Nicolas Sarkozy et ses conseillers. S'ils égratignent Brice Hortefeux, Roselyne Bachelot ou MAM, les extraits publiés les épargnent, pour l'instant.

En revanche, hors de question de revenir sur les accusations du Point et sur l'éventuel complot qu'aurait pu piloter l'ancien Premier ministre contre le patron de l'UMP. Les deux frères ennemis ont voyagé côte à côte pour les caméras, mais personne n'est dupe, même si l'heure n'est pas à l'affichage des divisions et des querelles. "Il faut sortir de ce qui n'intéresse que le microcosme médiatico-politique. Nous sommes ici pour montrer que notre famille est rassemblée", explique l'entourage de Jean-François Copé.

François Fillon, lui aussi, préfère esquiver le sujet : "J'ai déjà dit ce que j'en pensais. On est à trois semaines des municipales. Si on doit discuter de ces affaires, ce sera après les municipales, et en interne." Comme en septembre 2011 au campus d'été de Marseille, en juillet 2012 à la réunion des cadres départementaux de l'UMP ou en janvier 2014 au dernier conseil national du parti, Jean-François Copé et François Fillon ont rangé leur inimitié dans leur poche. Circulez, y a rien à voir. Ça devient une habitude. 

2Taper sur le gouvernement

Ce qu'il y a à voir, aujourd'hui, c'est "la réelle dynamique qui est du côté de l'UMP", martèle l'entourage de Jean-François Copé dans les travées du centre culturel Marcel-Marceau de Strasbourg, pendant que François Fillon s'exprime à la tribune. Sans surprise, l'ancien Premier ministre a, lui aussi, choisi de se concentrer sur la question des municipales. "La seule façon de forcer François Hollande à changer de politique est d'infliger une sévère défaite à la gauche aux élections municipales", lance-t-il au public.

Son tour venu, Jean-François Copé va plus loin. "Si nous restons mobilisés jusqu'au bout, toutes les conditions sont réunies pour une vague bleue", s'enthousiasme-t-il, très applaudi par les 600 à 700 militants présents dans la salle. Chômage galopant, rythmes scolaires, insécurité… Le président de l'UMP est venu dresser un réquisitoire en règle contre la politique de François Hollande et du gouvernement. 

3 Taper sur les médias

L'affaire du Point ? Jean-François Copé ne veut pas faire totalement l'impasse sur le sujet. Reprenant les mots employés lundi dans sa déclaration solennelle, le patron de l'UMP appelle les militants à ne pas se laisser déstabiliser par "une campagne de presse particulièrement agressive, haineuse, qui ne repose que sur des insinuations et des manipulations".

Déplorant encore "le triste spectacle donné par ces organes de presse si peu regardants sur leur propre déontologie", Jean-François Copé pointe du doigt "le bûcher médiatique" dont il est à ses yeux la victime. Les militants sont ravis : au fond de la salle, les journalistes présents sont copieusement hués.  

4 Assurer que l'UMP est "une famille rassemblée" 

Copé embraye. "Je refuse que notre parti retombe dans l'épisode peu glorieux que nous avons traversé il y a quelque temps. Avec François Fillon, dont je salue la présence à mes côtés ce soir, nous avons su surmonter nos différends, parce que ce qui nous rassemble est infiniment plus fort que ce qui nous divise. L'UMP de 2014 n'a plus rien à voir avec celle de la fin 2012 : aujourd'hui, notre famille est rassemblée et offensive !" Standing ovation.

Au premier rang, sous le regard des photographes, Jean-Pierre Raffarin applaudit des deux mains. François Fillon, lui, se contente d'un léger sourire. La scène est connue. On l'avait déjà vue en janvier, lors du dernier conseil national du parti.

Jean-Pierre Raffarin, Jean-François Copé et François Fillon, le 25 janvier 2014, lors du conseil national de l'UMP à Paris. (PIERRE ANDRIEU / AFP)

Cette opération "unité de facade" sera-t-elle réussie ? Le scénario ici imaginé sera-t-il fidèle à la réalité ? Réponse mercredi soir, après le vrai meeting.

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