Les frasques à répétition de Brigitte Barèges, maire UMP de Montauban

Entendue par la police sur des soupçons de détournement de fonds publics, la maire sortante, candidate à sa réélection, n'en est pas à sa première polémique.

La maire de Montauban, Brigitte Barèges, le 1er février 2010, à Toulouse (Haute-Garonne).
La maire de Montauban, Brigitte Barèges, le 1er février 2010, à Toulouse (Haute-Garonne). (ERIC CABANIS / AFP)

La maire UMP de Montauban (Tarn-et-Garonne) Brigitte Barèges se retrouve au centre d'une nouvelle affaire. Entendue par la police à Toulouse, mercredi 5 mars, sur des soupçons de détournement de fonds publics, la candidate à sa réélection s'est taillée depuis plusieurs années une petite notoriété. Non pas pour ses talents à gérer sa mairie, mais pour les polémiques à répétition que déclenchent les prises de position de cette avocate de profession. Florilège.

Elle qualifie de "tache" le seul Noir de sa liste

La scène se déroule mi-février, à l'occasion de la présentation de sa liste pour les municipales. La maire sortante, qui tient le micro, présente un par un ses colistiers. Arrive le numéro 28. "C'est la tache de la liste", s'exclame-t-elle derrière son pupitre en accueillant Jean Tepkri, qui se trouve être le seul Noir de son équipe. Avec le sourire, elle rend hommage à cet "ami fidèle", à qui elle passe une "écharpe blanche" autour du cou, insistant bien sur la couleur du tissu. Pas choqué par la blague, l'intéressé fait bonne figure : "On dit qu'elle est raciste ! D'après vous ?"

Un peu plus tôt, Brigitte Barèges s'était déjà illustrée par un mot déplacé à l'endroit d'un autre de ses colistiers. Robert Ifanti avait été présenté au public avec, en fond sonore, la musique du film Le Parrain. "Je trouve que tu as une bouille de mafieux !", s'est-elle justifiée.

Deux jours plus tard, lors d'une conférence de presse organisée pour tenter de déminer la polémique sur les détournements de fonds, sur laquelle enquête le site Médiapart, Brigitte Barèges revient sur l'affaire de la "tache noire". Elle dit ne pas regretter ses propos, et les réitère, expliquant qu'il s'agit d'une "plaisanterie classique entre nous". Jean Tepkri défend l'élue : "Quand Brigitte vient dans des réunions de la communauté africaine et qu'elle est la seule blanche, je dis que c'est mon point blanc ! Où est le problème ? On ne peut plus plaisanter en France ? S'il y a des journalistes qui se disent journalistes, eh bien moi je les appelle des sales merdes !" Un extrait à retrouver dans la vidéo ci-dessous, à partir de 12 minutes et 55 secondes.

Le mariage homosexuel : "Et pourquoi pas avec les animaux ?"

Avant que la gauche n'arrive au pouvoir, des députés socialistes avaient déposé une proposition de loi pour ouvrir le mariage aux couples de même sexe. Lors de l'examen de ce texte à l'Assemblée nationale, en mai 2011, la députée du Tarn-et-Garonne avait provoqué un esclandre en s'interrogeant ainsi : "Et pourquoi pas avec des animaux ? Et la polygamie ?"

Ces propos, tenus dans le huis clos d'une commission parlementaire, avaient été rapportés par plusieurs députés socialistes. Devant leur indignation, Brigitte Barèges avait rétorqué avoir dit cela "sur le ton de la plaisanterie". Quelques heures plus tard, dans un communiqué, elle avait finalement "retiré" ses propos "maladroits", contestant leur caractère homophobe. Et s'excusait "auprès de ceux qu'ils auraient pu blesser car telle n'était pas son intention".

L'affaire avait fait suffisamment de bruit pour susciter une condamnation du patron de l'UMP, Jean-François Copé. "Ces propos inacceptables ne sont évidemment en rien le reflet d'une quelconque position de l'UMP", avait-il précisé.

Défaite aux législatives, elle triple son indemnité de maire

Battue par la gauche aux législatives de 2012, la maire de Montauban avait suscité un tollé en triplant le montant de ses indemnités municipales. Pour Brigitte Barèges, cette décision, votée en conseil municipal en plein été, n'était qu'une juste compensation de la perte de ses indemnités parlementaires. De 1 400 euros, sa rémunération est donc passée à 3 700 euros net, un niveau conforme à celui d'une ville de près de 60 000 habitants, faisait valoir son entourage. Car son salaire de maire était auparavant plafonné en vertu de la loi sur le cumul des mandats.

Quelques jours plus tôt, Brigitte Barèges avait procédé de même pour porter ses indemnités de présidente de la communauté d'agglomération à 3 000 euros. Elle a ainsi pu conserver à peu près les mêmes revenus qu'avant la perte de son siège de députée.