Une candidate FN compare Taubira à un singe : la polémique en quatre actes

Anne-Sophie Leclere a reconnu des propos "maladroits". Le Défenseur des droits a alerté le parquet pour dénoncer une provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence.

Anne-Sophie Leclere, ex-candidate du Front national aux élections municipales à Rethel (Ardennes), le 26 septembre 2013.
Anne-Sophie Leclere, ex-candidate du Front national aux élections municipales à Rethel (Ardennes), le 26 septembre 2013. (MAXPPP)

Anne-Sophie Leclere était candidate du Front national aux élections municipales à Rethel (Ardennes). Elle a été suspendue par son parti, vendredi 18 octobre, après avoir tenu des propos racistes dans "Envoyé spécial", sur France 2, la veille. La candidate reconnaît des propos maladroits. Mais le Défenseur des droits ne veut pas en rester là : il a alerté la justice. Francetv info revient sur cette affaire en quatre actes.

Acte 1 : elle compare Christiane Taubira à une "sauvage"

Dans l'émission diffusée jeudi soir, la jeune femme est interpellée par la journaliste sur un photomontage qu'elle a partagé sur sa page Facebook : une photo de la garde des Sceaux est accolée à celle d'un singe. Le cliché a été retiré de sa page après le tournage.

(FRANCE 2)

Acte 2 : elle est écartée des élections municipales par le FN

Le Front national a suspendu la candidature d'Anne-Sophie Leclere, vendredi. "Par ailleurs, Madame Anne-Sophie Leclere est convoquée devant les instances disciplinaires du Front national", explique Steeve Briois, secrétaire général du FN.

Le parti de Marine Le Pen a contesté cependant "bâcler" ses listes, parlant d'"erreur de casting". Il a vanté sa promptitude à la réparer, comme il l'a fait à plusieurs reprises dans les mois passés, après des prises de position antisémites et pro-nazis de membres du FN.

Acte 3 : elle reconnaît des propos "maladroits"

"Je n'ai pas eu de propos racistes, même si mes commentaires à la télévision ont été maladroits", a reconnu vendredi, l'ex-candidate du Front national. "Cette photo c'était de l'humour. L'image a été postée sur ma page Facebook et je l'avais supprimée quelques jours après d'ailleurs, ce n'est pas moi l'auteure", a-t-elle insisté, en s'estimant injustement visée par "cette polémique".

La jeune femme, militante au FN depuis deux ans, a affirmé avoir reçu de "nombreux messages de soutien". Elle a également indiqué avoir reçu des "consignes de discrétion" de la part de ses responsables départementaux.

Acte 4 : le Défenseur des droits saisit la justice

Vendredi, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, a écrit au procureur de la République de Paris pour dénoncer une provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence.

"Ces actes et ces propos me paraissent pouvoir relever de la provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence, de la diffamation et de l'injure, délits prévus et réprimés par les articles 24 alinéa 8, 29, 32, alinéa 2 et 33 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse", écrit le Défenseur des droits. Dans son courrier, il explique avoir "souhaité porter à sa connaissance" les faits afin qu'il apprécie "la suite à leur donner".

Dominique Baudis, dont l'une des missions est la lutte contre les discriminations, a agi sur la base de l'article 33 de la loi organique selon lequel, "lorsqu'il apparaît au Défenseur des droits que les faits portés à sa connaissance sont constitutifs d'un crime ou d'un délit, il en informe le procureur de la République". Ce dernier "informe le Défenseur des droits des suites données à ses transmissions".