"Cela fait du bien de pouvoir voter pour son candidat": Ian Brossat redonne le sourire aux militants communistes avant les européennes

Pour la première fois depuis 2004, les communistes présentent une liste en leur nom aux élections européennes. En meeting jeudi à Montpellier, Ian Brossat, la tête de liste, semblait redonner sa fierté aux militants.

Ian Brossat, à Paris, le 11 avril 2019.
Ian Brossat, à Paris, le 11 avril 2019. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Sourire en coin, Romain, 31 ans, observe la salle. "Ça va encore continuer à se remplir ! Je ne pensais pas faire un jour une campagne des européennes comme ça, et du coup j'en suis très contente et très fier", confie le militant. Les meetings s’enchaînent pour les têtes de liste aux élections du 26 mai. Jeudi 9, Ian Brossat, tête de liste du PCF, 39 ans, était à Montpellier, dans l’Hérault. L’adjoint au maire de Paris, chargé du logement, est venu présenter son programme "pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent" devant une salle remplie de 500 personnes.

Les différents sondages lui donnent entre 2 et à peine 3% des intentions de vote. Et pourtant, la tête de liste semble redonner sa fierté aux communistes. Depuis 2004, le PCF n’avait pas présenté de liste en son nom aux européennes. Aux dernières élections, c’était avec la Front de gauche.

Jeudi 9, Ian Brossat, tête de liste du PCF, 39 ans, était à Montpellier, dans l’Hérault.
Jeudi 9, Ian Brossat, tête de liste du PCF, 39 ans, était à Montpellier, dans l’Hérault. (ANNE-LAURE BOUSIGES / RADIOFRANCE)

Alors cette fois-ci, Serge veut voter pour son candidat : "Ça fait du bien d’avoir quand même la possibilité de voter un jour pour son candidat, et ne pas dépendre d’un candidat autoproclamé candidat de la gauche de transformation."

"Il incarne autant l’histoire que la nouveauté"

Et les militants semblent particulièrement fiers de leur tête de liste, professeur agrégé. "Moi, ça me met du bonheur. Quand je le vois, il me touche vraiment", explique l’un d'eux. "Il est clair", renchérit une participante au meeting. "Il incarne une nouvelle figure plus dynamique et plus en phase avec les problématiques actuelles, qui se dissocie de celle du communiste qui reste dans le passé", commente un troisième. Même Jordan, 23 ans et socialiste, hésite : "Je suis en train d’hésiter entre mes origines militantes et ce mouvement-là, confie-t-il. Parce que je trouve qu’il incarne autant l’histoire d’un parti que la nouveauté." Cet engouement, Ian Brossat le ressent.

Je sens qu’il y a un regard nouveau qui est posé sur les communistes et leurs candidats et cela me donne la patate !Ian Brossatà franceinfo

Pendant près d'une heure, il va défendre les services publics, un smic européen à 1 400 euros net ou encore le principe de 0% de fraude fiscale. Le communiste appelle ensuite ses militants à convaincre d’ici le 26 mai et se met à rêver. "Si notre parti relève la tête, explique-t-il à la tribune, qu’il soit utile à la gauche le 26 mai et dans les jours qui suivront. Je suis convaincu que nous en sommes capables, alors en campagne mes camarades ! Et un bon résultat le 26 mai prochain !"

Beaucoup de militants ont envie de croire aux mots prononcés par le secrétaire national du PCF en février dernier : "Comme l’a dit Fabien Roussel, le PCF is back !" Ian Brossat tiendra un meeting vendredi soir à la Ricamarie, à côté de Saint-Etienne, dans la Loire, avant Toulouse samedi, en présence également du patron du PCF, Fabien Roussel. Dimanche, Ian Brossat sera à Bordeaux.

Le reportage d'Anne-Laure Bousiges
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