Législatives 2024 : un accord entre la majorité et les LR des Hauts-de-Seine contredit par la direction du parti de droite

La fédération locale des Républicains et le camp présidentiel s'étaient accordés pour ne pas se faire concurrence, notamment dans la circonscription de Gabriel Attal. Mais LR a publié en fin de journée une liste de candidats qui feront face à des macronistes.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Gabriel Attal, le 14 juin 2024, à La-Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique). (LOIC VENANCE / AFP)

Un pacte de non-agression dans les Hauts-de-Seine ? Les dirigeants locaux des Républicains et d'Ensemble, l'étiquette du camp présidentiel, se sont accordés pour ne pas se faire concurrence dans les 13 circonscriptions de ce département d'Ile-de-France, selon un communiqué publié vendredi 14 juin. C'est là que se présentent plusieurs figures macronistes, dont le Premier ministre Gabriel Attal. Mais la nouvelle direction de LR a contredit cet accord, quelques heures plus tard. Dans un communiqué, elle a annoncé l'investiture de neuf candidats sous ses couleurs, y compris face au chef du gouvernement et à deux ministres.

"Nous avons décidé, pour faire barrage aux extrêmes de droite comme de gauche, de créer un arc républicain dans notre département des Hauts-de-Seine qui lie 'Ensemble pour la République', les Républicains 92 et le président du département", proclamait le communiqué annonçant l'accord, partagé par la fédération MoDem du département sur X.

Parmi ces signataires, on retrouve le Premier ministre, Gabriel Attal, le président de la fédération LR du département, Philippe Juvin, le président de l'UDI, Hervé Marseille, les responsables départementales du Modem, Isabelle Florennes, et d'Horizons, Isabelle de Crécy, ainsi que le président du département, Georges Siffredi, qui a démissionné de LR après l'appel d'Eric Ciotti à s'allier avec le Rassemblement national.

Le département d'Attal, Thevenot et Séjourné

"Il y a, au niveau local, des élus locaux qui se retrouvent", a fait valoir Gabriel Attal, qui se présente de nouveau dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, en marge d'un déplacement près de Nantes vendredi. "Je sais qu'autour de ma candidature aux législatives, j'ai tout à la fois des élus ou anciens élus de gauche socialiste qui me soutiennent, de même des élus ou anciens élus LR qui me soutiennent", a-t-il insisté, estimant que "c'est aussi ce qui se passe dans beaucoup de territoires".

Les signataires s'engagent à ne pas présenter de candidats concurrents à trois LR : le député sortant Philippe Juvin, le conseiller départemental Thomas Lam et le maire de Clamart, Jean-Didier Berger. Stéphane Séjourné, patron de Renaissance et ministre des Affaires étrangères, n'aura pas de rival investi par LR, tout comme les six sortants macronistes qui se représentent, dont Gabriel Attal et Prisca Thevenot, porte-parole du gouvernement.

Des candidats LR dans neuf circonscriptions ?

En fin d'après-midi, la nouvelle direction de LR, dont la légitimité est toujours contestée en justice par le président élu Eric Ciotti, a pourtant investi neuf candidats. "Ces candidats ont pris l’engagement (...) de siéger au groupe LR une fois élus", insiste le texte.

Selon ce communiqué, Gabriel Attal aura un adversaire LR, tout comme Prisca Thevenot et Stéphane Séjourné. Face à la sortante Renaissance Constance Le Grip, Les Républicains annoncent même investir leur secrétaire général délégué Geoffroy Didier. Le parti maintient toutefois son investiture à Philippe Juvin, qui avait signé l'accord local en tant que président de la fédération LR des Hauts-de-Seine.

Le communiqué du parti ne mentionne en revanche aucune investiture dans quatre circonscriptions où des candidats de Renaissance ou d'Horizons, le parti d'Edouard Philippe, sont déjà en lice. Contacté par franceinfo, Roger Karoutchi, membre de la commission d'investiture de LR, n'était pas en mesure de confirmer si ce choix était définitif.

"Notre ligne reste la même : indépendance et opposition à la majorité actuelle", avait prévenu un peu plus tôt, auprès de l'AFP, François-Xavier Bellamy, désigné comme vice-président du parti après l'exclusion d'Eric Ciotti. Il avait exclu d'appliquer au niveau national un accord similaire à celui trouvé dans les Hauts-de-Seine, sans annoncer explicitement qu'il s'y opposait au niveau local. Renaissance n'avait pas réagi aux investitures annoncées, vendredi en fin de journée.

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