Abstention record : le porte-parole de LREM Mounir Mahjoubi "pose très sérieusement la question des modes de gouvernance"

"On est un grand moment de réinvention d'ici 2022. On ne peut pas se permettre d'avoir une présidentielle avec 20 % de participation", lance le député marcheur qui nie également tout échec du parti et parle d'un vote majoritairement de "réassurance".

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Radio France
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Mounir Mahjoubi, député LREM de Paris, porte-parole d’En Marche. (FRANCEINFO)

Mounir Mahjoubi, député LREM de Paris, membre de la commission des affaires économiques et porte-parole LREM, a estimé lundi 21 juin sur franceinfo que cette abstention "très grave" est "l'échec de tous". Deux Français sur trois ne se sont pas déplacés aux urnes pour le premier tour des élections départementales et régionales. "On ne peut pas se permettre d'avoir une présidentielle avec 20 % de participation", alerte-t-il, posant "très sérieusement la question des modes de gouvernance et des modes d'écoute des Français".

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franceinfo : Qui est responsable de cette abstention ?

Mounir Mahjoubi : Cette abstention record, elle est très grave. C'est quand même 80 % des moins de 50 ans. Les jeunes ne sont pas allés voter, les parents ne sont pas allés voter, les jeunes adultes ne sont pas allés voter. Tous ceux qui travaillent ne sont pas allés voter. Ceux qui font du télétravail ne sont pas allés voter. C'est l'échec de tous. C'est l'échec de la majorité. C'est l'échec des partis d'opposition. Les Français n'ont pas trouvé nécessaire d'aller voter hier. Cela pose beaucoup de questions sur la démocratie. Est-ce que c'est utile de participer ? Est-ce que ce serait mieux si on ne votait pas ? Est-ce que ce serait bien une République des préfets ou c'est les préfets qui feraient notre vie ? Qui dirigeraient les régions ? Peut-être qu'on a gâché la politique. Est-ce qu'on a, à ce point-là, été si mauvais pour que les gens n'aient pas envie de voter ? Je pose très sérieusement la question des modes de gouvernance et des modes d'écoute des Français. Je crois que notre système ne marche pas. Je crois que la façon qu'on a de se donner rendez-vous à ces grands moments électoraux ne fonctionne pas. Nous sommes nombreux à avoir fait de nombreuses recommandations et je crois que maintenant, tout le monde se rend compte qu'il faut qu'on change notre façon de parler.

"Je pense que les oppositions doivent arrêter d'être dans une opposition au système. Si on n'arrête pas de dire aux Français que le système est inutile, que les représentants sont tous pourris, pourquoi est-ce qu'ils iraient voter ?"

Mounir Mahjoubi, député et porte-parole de LREM de Paris

à franceinfo

Et quand on voit qu'il y a quasiment deux candidats sur trois qui a fait campagne sur le système pourri ? Ce n'est pas étonnant qu'au bout d'un moment, les gens y croient. Je pense qu'on est un grand moment de réinvention d'ici 2022. C'est dans un an la présidentielle, on ne peut pas se permettre d'avoir une présidentielle avec 20 % de participation.

Est-ce l'échec de votre parti ?

On a beau être le parti au pouvoir, la particularité de nos candidats, c'est qu'on a présenté des nouvelles têtes. On peut quand même nous reprocher d'être le parti au pouvoir, d'être la majorité. Il se trouve que les têtes de liste de la République en marche dans chaque région, c'était des gens nouveaux que les gens ne connaissaient pas. Et quand il y a que 20 % de participation, il y a une prime à celui qui est connu. En Île-de-France, Laurent Saint-Martin a fait une excellente campagne. En Île-de-France, les militants étaient là. L'implantation locale des militants en Marche est là. Est-ce que Laurent Saint-Martin était connu ? Non. Est-ce qu'il a fait une bonne campagne ? Oui. Les gens ont plutôt voté pour des têtes rassurantes et connues qui étaient les présidents en place. Laurent Wauquiez, ce n'est pas l'homme le plus populaire de la terre. Seulement, il est connu des gens de sa région parce qu'il était là. Je crois que dans les Hauts-de-France, ce n'est pas non plus un énorme vote d'adhésion dont a bénéficié le président en place. C'est un vote de réassurance.

Pourquoi n'avez-vous pas réussi à vous implanter localement après 4 ans de pouvoir ?

Quatre ans, ça n'est pas rien, mais ça reste le plus jeune parti, avec des problèmes de jeunes partis, mais aussi ses qualités. C'est pour cela que j'ai rejoint ce parti-là, que j'ai quitté tout ce que je faisais avant pour me consacrer à cela. On est des milliers à avoir fait cela. Ce parti est différent parce qu'on refuse d'appliquer les recettes qui ont toujours fonctionné. Parfois, on tente des choses, parfois à côté de la plaque, mais parfois, comme on l'a montré en 2017, comme on l'a montré au pouvoir depuis quatre ans, on arrive à faire des choses qui n'ont jamais été faites avant. On va continuer. Et si on perd cet esprit d'initiative, on ne sert plus à rien. La République en marche qui s'installe, qui s'embourgeoise qui pantoufle ne sert à rien. La République en marche va être un parti actif. Ça va être un parti qui transforme et qui change les choses.

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