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Prime à la naissance, congé parental... Sur quoi le gouvernement compte-t-il faire des économies ?

La ministre des Affaires sociales a officialisé lundi une série de mesures afin de limiter le déficit de la Sécurité sociale. 

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France Télévisions
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Le gouvernement a officialisé, lundi 29 septembre 2014, une série de mesures visant à limiter le déficit de la Sécurité sociale. (OLIEL / BSIP / AFP)

C'était attendu, c'est désormais officiel. Pour lutter contre le déficit de la Sécurité sociale, le gouvernement a annoncé, lundi 29 septembre, un coup de rabot généralisé sur les allocations familiales. Objectif : réaliser 700 millions d'euros d'économie en 2015 pour la branche famille sans geler les prestations familiales. "Ce gouvernement aime les familles, il les soutient, les accompagne", a assuré la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine.

Francetv info détaille les principales mesures dévoilées par le gouvernement et révélées par Le Monde et France Info. Elles concerneront les enfants nés à compter du 1er janvier 2015, après adoption du budget par les parlementaires.

La prime à la naissance divisée par trois

La prime de naissance va être divisée par trois à partir du deuxième enfant, pour atteindre 308 euros. Le gouvernement estime qu'à la naissance du deuxième enfant, les parents ont déjà acheté les équipements nécessaires. Aujourd'hui, cette prime de 923 euros est versée à tous les couples qui gagnent moins de 46 888 euros avec deux revenus. Selon le ministère, cette seule mesure doit permettre d'économiser 250 millions d'euros.

Le partage du congé parental revu

Le congé parental est destiné aux parents qui arrêtent leur activité pour s'occuper de leurs enfants. Jusqu'à présent, il peut aller jusqu'à trois ans à partir du deuxième enfant. Le père devrait prendre au moins six mois sur ces trente-six, selon une loi votée en août, qui doit rentrer en application le 1er octobre.

Or, le gouvernement veut obliger les parents à partager davantage. Un nombre de mois plus élevé pour le deuxième parent sera déterminé par décret. Officiellement, le gouvernement veut promouvoir un meilleur partage des tâches entre père et mère. Officieusement, il est tentant d'y voir une façon de réaliser de substantielles économies, puisque seulement 3% des congés sont pris actuellement par des pères.

"Sous couvert de plus d'égalité entre les hommes et les femmes, il s'agit en fait de priver d'allocation toutes les familles dont les pères ne pourront pas prendre leur part du congé", ont ainsi souligné l'Union des familles en Europe et le Mouvement Mondial des Mères France.

L'aide à la garde d'enfants réduite pour les familles les plus aisées

Pour les 20% des familles les plus riches, le complément de mode de garde (CMG), une aide versée aux parents qui emploient une nounou à domicile, sera réduite via l'introduction d'une tranche supplémentaire de revenus pour le calcul des aides. Aujourd'hui, cette aide oscille entre 87,19 euros et 460,93 euros par mois.

La majoration des allocations décalée de 14 à 16 ans

Actuellement, une majoration des prestations familiales de 65 euros mensuels est versée lorsqu'un enfant a atteint l'âge de 14 ans. Cette limite d'âge sera progressivement décalée à 16 ans.

L'Union nationale des associations familiales (Unaf) s'est dite "abasourdie" par ces mesures à ses yeux "inacceptables". "Pour nous, il s'agit là d'une remise en cause brutale de la politique familiale de conciliation vie familiale/vie professionnelle, développée depuis vingt ans", a réagi son président.

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